Béchara Raï célébrant la messe hier à Bkerké. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï a une nouvelle fois critiqué hier implicitement le Hezbollah, estimant qu’il était inconcevable de cautionner des armes illégales et que seule l’armée devait en avoir le monopole. Cette nouvelle critique intervient alors qu’un dialogue est en cours entre le patriarcat maronite et le parti chiite.
« Comme nous comprenons la colère du peuple, nous comprenons aussi celle de l’armée. Car celle-ci est issue de la population, et il est inconcevable de la mettre en confrontation avec le peuple », a estimé Mgr Raï. « L’armée est celle de toute la nation libanaise, personne n’a le droit d’en faire l’armée du pouvoir. L’armée est celle de la démocratie. Personne n’a le droit d’en faire une armée de répression. L’armée, dans toutes ses composantes, est le symbole de l’union nationale. En la protégeant, nous protégeons la patrie, sa souveraineté et sa neutralité positive (...) » a ajouté le prélat. Il critique ainsi les autorités au pouvoir qui avaient demandé lundi à la troupe de rouvrir les routes bloquées par des manifestants en colère, alors que le commandant en chef, le général Joseph Aoun, s’insurgeait contre la classe politique pour avoir laissé l’armée sombrer dans la crise.
Béchara Raï a profité de son homélie pour s’adresser aux manifestants qui battent à nouveau le pavé ces dernières semaines. « Les jeunes révolutionnaires sont l’espoir de demain. Nous les appelons à unifier leurs rangs, à harmoniser leurs revendications et à rendre indépendant leur mouvement pour que leur révolution soit prometteuse et constructive », a demandé le prélat. « Peut-être alors pourront-ils exhorter les responsables politiques et les dirigeants au pouvoir à former un gouvernement d’exception, capable d’entreprendre des réformes, travaillant à sauver le Liban, et non à défendre des intérêts personnels, partisans et confessionnels », a-t-il lancé. Toutefois, le patriarche s’est dit opposé aux blocages de routes par les protestataires, les appelant à privilégier les manifestations sur les places publiques, et ce afin d’éviter tout affrontement avec l’armée ou la police.
Une population prise en otage
Mgr Raï a en outre estimé que « la population est l’otage des luttes de ceux qui sont au pouvoir. Ceux-ci ne l’ont pas libérée en dépit de tous les appels internationaux et secours populaires, comme s’ils avaient perdu toute conscience nationale et toute compassion ». « Nous ne comprenons pas comment le pouvoir transforme l’État en ennemi de son peuple », s’est encore indigné le patriarche, rappelant que « l’État trouve la justification de son existence dans la nécessité d’assurer le bien commun ». « Si les responsables ne sont pas en mesure de s’asseoir ensemble pour aborder les points de discorde qui se sont accumulés jusqu’à l’explosion finale que nous connaissons, il est nécessaire de recourir à une conférence internationale parrainée par les Nations unies », a enfin demandé le patriarche.
L’homélie de Audi
Le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a lui aussi vertement tancé les responsables politiques lors de son homélie. « Nos responsables ont fait jeûner les gens de force et les ont affamés. C’est du terrorisme. La famine tue », a-t-il dénoncé. « Quel pays peut persister sans gouvernement ? Qu’attendons-nous pour contrôler les frontières, arrêter la contrebande et préserver l’argent des gens, alors que le pauvre citoyen ne trouve pas de quoi survivre ? Quel prix le peuple doit-il encore payer pour que les responsables assument leurs responsabilités ? La situation du pays est tragique, et vous le regardez brûler comme Néron. Oubliez vos intérêts et vos ambitions ! » a lancé le métropolite de Beyrouth.


Inconcevable aussi de continuer à être divisés et sectaires. Ce peuple a du mal à s’unir à cause des fossoyeurs qui ne cessent d’alimenter la haine et les quiproquos dans ses rangs en les abreuvant de slogans fallacieux je certains continuent à croire. Nous sommes tous d’accord pour récupérer notre Liban usurpé par les mercenaires iraniens et leurs complices vendus et pour cela il faut que nous soyons solidaires et unis pour arriver à contrer leurs projets destructeurs pour rester coqs sur leur poulailler. Le pays est une institution qui doit être solide est inébranlable par son peuple face aux ennemis qui ne voient que leur intérêts personnels et leur argent mal acquis fructifié alors que les citoyens meurent de faim ou faute de soins pour certains et vivent avec le strict minimum pour d’autres, sans projet pour le lendemain ni d’avenir pour ses enfants, tous humiliés et terrorisés de ce qui les attend demain de peur que la guerre des années 1975 refasse surface avec toujours des causes fabriquées de toutes pièces pour détruire notre pays et sauver un autre dont ses problèmes ne nous concernent ni de près ni de loin. Comment faire pour que le miracle de l’union sacrée ait lieu et que ces peuples redeviennent un seul et unique, libanais avant tout et fier de l’être quelque soit sa religion ou son penchant politique puisque c’est de l’existence de notre pays dont il s’agit et de la nôtre par la même occasion.
15 h 11, le 15 mars 2021