Un drapeau iranien flottant devant la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran. Photo d'archives AFP
L'Iran a adressé une nouvelle mise en garde mardi contre la possible adoption par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'une résolution condamnant sa décision de suspendre certaines inspections menées par cette institution onusienne.
Alors que Téhéran et la communauté internationale cherchent à sauver l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne, le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, a prévenu que l'adoption d'une telle résolution risquait de rendre vains ces efforts. Mais il a réaffirmé l'attachement de l'exécutif iranien à une solution concertée.
Selon des sources diplomatiques, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, les trois pays européens parties à l'accord de Vienne ont l'intention de soumettre vendredi au vote du Conseil des gouverneurs de l'AIEA un texte exprimant "leurs vives inquiétudes" et appelant l'Iran "à reprendre immédiatement" l'ensemble du programme d'inspections prévu par cet accord.
Téhéran a déjà prévenu que l'adoption d'un tel texte "serait absolument contreproductive et destructive" et a menacé de "mettre fin" à l'accord technique temporaire conclu le 21 février entre l'AIEA et la République islamique pour limiter l'ampleur de la suspension de certaines inspections à laquelle le gouvernement, modéré-réformateur, a dû se résoudre sous la pression d'une loi votée par le Parlement, tenu par les conservateurs.
"Je me dois de lancer cet avertissement: les actes allant à l'encontre de nos attentes auront des effets négatifs sur le processus diplomatique et peuvent faire rapidement disparaître les créneaux favorables" à la négociation, a répété M. Rabii lors d'une conférence de presse. "Nous sommes toujours attachés à la diplomatie", a-t-il ajouté.
Entretien Rohani-Macron
Le même message a été répété en substance par le président Hassan Rohani lors d'un entretien téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron, selon un communiqué de la présidence iranienne. Lors de cette discussion, M. Rohani a réaffirmé la position iranienne selon laquelle la levée des sanctions imposées par Washington à Téhéran depuis 2018 est la seule façon de sauver l'accord de Vienne. La réduction des inspections de l'AIEA est entrée en vigueur le 23 février, deux jours après l'expiration de l'ultimatum fixé par le Parlement iranien pour la levée de ces sanctions.
L'accord de Vienne menace de voler en éclats depuis que l'ancien président américain Donald Trump en a retiré son pays en 2018 avant de poursuivre une politique de "pression maximale" contre Téhéran à coup de sanctions punitives ayant plongé l'Iran dans une violente récession.
En riposte, Téhéran s'est affranchi depuis 2019 de la plupart de ses engagements clef pris à Vienne et destinés à prouver que la République islamique ne cherche pas à se doter de la bombe atomique.
Joe Biden, qui a succédé à M. Trump à la Maison-Blanche en janvier, dit vouloir réintégrer les Etats-Unis à l'accord, mais exige pour cela que Téhéran revienne d'abord au respect plein et entier de ses engagements. De son côté, Téhéran assure être prêt à revenir à l'application stricte de l'accord, mais à condition que Washington lève toutes les sanctions prises à son encontre depuis 2018.

