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Culture - Commémoration

Serge Gainsbourg, l’homme à la tête d’électro

Il y a 30 ans, le 2 mars 1991, une crise cardiaque foudroyante emporte le génial artiste à l’âge de 62 ans.

Serge Gainsbourg, l’homme à la tête d’électro

Un portrait de Serge Gainsbourg au Zénith de Paris le 14 mars 1988. Joël Robine/AFP

Quel lien entre Serge Gainsbourg et l’électro ? L’avant-gardiste affranchi a marqué les esprits et les platines de la scène française actuelle, comme en témoignent de nombreux artistes qui en sont issus. Un podcast « Gainsbourg, l’héritage électronique », proposé par Warner Chappell et Gum (agence de production musicale et label), sera diffusé sur Spotify à l’occasion des hommages rendus au concepteur de La Javanaise disparu le 2 mars 1991. S’y expriment notamment Bob Sinclar, Chloé, Jacques, Yelle, Vitalic, ou encore Flabaire.

« Mon père aurait été hyperému de l’importance qu’on lui donne dans cette scène », commente sa fille Charlotte Gainsbourg, actrice et chanteuse, interrogée par l’AFP.

« Il y a des ponts entre Gainsbourg et la scène électro », expose Antoine Molkhou, réalisateur du podcast et producteur du Rex Club. Ils admirent notamment chez lui « cette balade des genres, du Poinçonneur des Lilas à Love On the Beat ».

Ce que confirme auprès de l’AFP Yelle – encensée en 2020 pour son album L’ère du Verseau –, qui intervient d’ailleurs dans ce podcast. « Au lycée, je fredonnais Le poinçonneur des Lilas, puis un morceau fétiche a été Mon légionnaire, et ensuite il y a eu les albums Love On the Beat et You’re Under Arrest, avec cette sonorité très années 1980 qui me plaît beaucoup. »

« Références à Chopin »

« À chaque fois, il s’est réinventé, comme quand il se met au reggae avant tous les autres en France, il a ce côté “je prends des risques, je change tout le temps, je change toujours de recette”, c’est un vrai inventeur », déclare pour sa part à l’AFP Lulu, moitié de Cabadzi (groupe électro qui sort le 5 mars l’album Bürrhus).

Des propos qui trouvent un écho chez Charlotte Gainsbourg : « Mon père avait envie de se réinventer à chaque fois, il allait piocher – il formait une belle équipe avec Philippe Lerichomme (son producteur) –, il était toujours à l’affût de quoi faire après. Il enregistrait aux États-Unis pour chercher un son américain, pour ma mère (Jane Birkin) il cherchait un son anglais. »

L’autre moitié de Cabadzi, Vikto, se dit aussi admiratif : « Il y a des grosses “tueries”, comme les ritournelles dans Initials B.B., ça claque ! Il voyait un peu son approche de la musique comme un sample, parfois il y a clairement des références à Chopin, j’ai toujours adoré ce qu’il fait. »

Serge Gainsbourg lors d’un concert le 3 avril 1986 dans le cadre du festival Le Printemps de Bourges. Frank Perry/AFP

« Dans son shaker »

Pour Yelle, « il a toujours été précurseur, il met tout dans son shaker et garde sa touche, c’est parfait ».

« Oui, il maîtrisait... Malheureusement, j’avais 19 ans quand il est parti, je n’ai pas pu explorer sa manière de travailler, comprendre, pas pu analyser sur le moment, mais a posteriori, j’aurais eu beaucoup de choses à lui demander », confie Charlotte Gainsbourg.

Yelle confesse encore être « assez fascinée par son écriture, les jeux de mots, son jeu avec les doubles sens », mais voit aussi ses prestations scéniques comme une source d’inspiration.

« On a regardé avec GrandMarnier (son complice) le live au Casino de Paris (1985). On aime beaucoup la lumière, ce blanc, ce ton monochrome, ces volutes de fumées, les chemises en jeans, les (chaussures) Repetto », décrit-elle.

Et son côté provocateur ? Pour Yelle, Gainsbourg et Gainsbarre ne font qu’un : « J’ai toujours eu beaucoup de tendresse pour le personnage, même quand il était trash. Sa fragilité me touchait beaucoup, comme celle d’un génie incompris, un peu cabossé, avec un besoin de s’autodétruire. » Son legs pour les générations futures d’artistes est lui bien solide.

Philippe GRELARD/AFP


Quel lien entre Serge Gainsbourg et l’électro ? L’avant-gardiste affranchi a marqué les esprits et les platines de la scène française actuelle, comme en témoignent de nombreux artistes qui en sont issus. Un podcast « Gainsbourg, l’héritage électronique », proposé par Warner Chappell et Gum (agence de production musicale et label), sera diffusé sur Spotify à...

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