Le Premier ministre sortant Hassane Diab (c) recevant le gouverneur de la BDL Riad Salamé (g), le 19 février 2021 au Grand Sérail. Photo fournie par le bureau de presse de M. Diab
Le Premier ministre sortant Hassan Diab a reçu vendredi au Grand Sérail de Beyrouth le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, avec qui il a discuté de "la situation financière dans le pays", rapporte le bureau de presse du Premier ministre, sans plus de détails.
La monnaie nationale a entamé mi-2019 une descente aux enfers en plein contexte de crise socio-économique et financière, après avoir été stabilisée pendant plus de 20 ans à 1507,5 livres pour un dollar par la Banque du Liban (BDL). Si cette parité officielle est toujours artificiellement maintenue pour certaines opérations, c’est bien le taux du marché parallèle qui fait office de repère, ce dernier étant également répercuté par les agents agréés, au détriment du taux de 3.900 livres pour un dollar qui leur est en principe imposé par la BDL. Ces deux derniers jours, le taux de change entre la monnaie nationale et le billet vert sur le marché parallèle est subitement reparti à la hausse pour atteindre un de ses plus hauts niveaux depuis le début de la crise, non loin du record de 9.800 enregistré le 2 juillet 2020.
Riad Salamé, qui dirige la BDL depuis 1993, est une figure particulièrement conspuée par les protestataires depuis le soulèvement du 17 octobre 2019, qui l'accusent d'avoir couvert pendant des années la corruption des responsables libanais, un fléau pointé du doigt comme étant l'une des causes de l'effondrement économique et financier du Liban. Il est par ailleurs visé par une procédure judiciaire au Liban, où il est poursuivi pour "négligence professionnelle et abus de confiance" dans la gestion des dollars subventionnés.
Plusieurs dirigeants du pays tiennent M. Salamé pour responsable de la crise actuelle et réclament sa démission, alors que d'autres continuent de le soutenir.

