Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Liban

Samy Gemayel met en garde contre un report des élections législatives

Samy Gemayel met en garde contre un report des élections législatives

Le chef des Kataëb, Samy Gemayel. Photo d'archives Ani

Le chef du parti Kataëb, l'ex-député Samy Gemayel, a mis en garde mardi contre un report des élections législatives prévues l'année prochaine, affirmant que "la confrontation sur cette question sera très rude". Il a en outre appelé à la formation d'un gouvernement compétent, alors que le pays est toujours sans cabinet depuis la démission du Premier ministre Hassane Diab le 10 août 2020.

"Prolonger ce parlement revient à prolonger les souffrances des Libanais", a affirmé M. Gemayel, après avoir reçu à Bikfaya l'ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea. "Nous avons informé l'ambassadrice américaine, et nous informons tous les responsables libanais et internationaux, que le peuple n'acceptera pas que son droit à l'auto-détermination soit volé par un report des échéances attendues" a-t-il martelé. "Les législatives doivent avoir lieu dans un an et constituent la principale échéance", a estimé M. Gemayel, alors que la présidentielle et les municipales doivent également se tenir en 2022. "Nous mettons en garde contre tout report. L'affrontement autour de cette question sera très rude", a-t-il prévenu. De sérieuses craintes quant à un report des législatives se font ressentir au sein de la population et certains partis d'opposition, dans un pays qui est frappé par sa pire crise économique et politique en trente ans, et qui a connu une révolte populaire inédite en octobre 2019.

"Nous regrettons les affrontements internes et débats personnels autour de la formation du gouvernement qui ne correspondent pas à la souffrance vécue par le peuple Libanais. L'effondrement a déjà eu lieu, l'explosion sociale peut arriver à tout moment, notamment quand les subventions seront levées", a en outre averti Samy Gemayel. 

Désigné pour former un nouveau cabinet le 22 octobre 2020, Saad Hariri n'est toujours pas parvenu à accomplir cette tâche, en raison d'un bras de fer politique qui l'oppose au chef de l'Etat, Michel Aoun. Il vient de rentrer au Liban après une tournée internationale qui l'a mené notamment en Turquie, en Égypte, aux Émirats arabes unis et en France, afin d'obtenir le soutien de la communauté internationale dans sa mission. Dans un discours prononcé dimanche à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de son père Rafic Hariri, le Premier ministre désigné avait rendu le chef de l’Etat, Michel Aoun, et son camp responsables du blocage du processus de formation du cabinet et s'est fermement défendu face aux accusations selon lesquelles il porterait atteinte aux droits et aux prérogatives de la communauté chrétienne. Parallèlement, le président français Emmanuel Macron tente de réactiver la feuille de route qu'il avait lancée le 1er septembre 2020 à Beyrouth pour une sortie de crise du Liban, dans la foulée de la double explosion du 4 août au port de Beyrouth.

"Le Liban est pris en otage. Nous avons déjà sacrifié ce qui était plus cher à nos yeux. Ne croyez pas qu'en menaçant Dima Sadek, en tuant Lokman Slim, vous nous ferez peur. Nous ne sommes pas de ceux qui ont peur, ne perdez pas votre temps avec ces choses inutiles", a enfin martelé Samy Gemayel, en faisant également état de menaces à l'encontre de cadres et jeunes membres du parti Kataëb.

Lokman Slim, intellectuel et militant chiite opposé au Hezbollah, a été retrouvé tué le 4 février au Liban-Sud. Son corps atteint de plusieurs balles avait été retrouvé dans une voiture de location, près de la localité de Touffahta dans le caza de Zahrani. Le chercheur et essayiste engagé en faveur de la laïcité et de la démocratie était régulièrement la cible de menaces de la part de partisans du parti chiite et du mouvement Amal, mais refusait de s'y plier et continuait de vivre dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Son assassinat a choqué le pays et fait craindre un retour aux assassinats politiques comme durant la période allant de 2004 à 2013. Pointé du doigt par ses détracteurs, le Hezbollah s'est défendu d'être derrière cet assassinat et s'est empressé de le condamner. Quant à Dima Sadek, journaliste à la MTV et très critique du Hezbollah et du Courant Patriotique Libre de Michel Aoun, elle est également régulièrement la cible d'insultes et de menaces verbales sur les réseaux sociaux.

Le chef du parti Kataëb, l'ex-député Samy Gemayel, a mis en garde mardi contre un report des élections législatives prévues l'année prochaine, affirmant que "la confrontation sur cette question sera très rude". Il a en outre appelé à la formation d'un gouvernement compétent, alors que le pays est toujours sans cabinet depuis la démission du Premier ministre Hassane Diab le 10 août 2020."Prolonger ce parlement revient à prolonger les souffrances des Libanais", a affirmé M. Gemayel, après avoir reçu à Bikfaya l'ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea. "Nous avons informé l'ambassadrice américaine, et nous informons tous les responsables libanais et internationaux, que le peuple n'acceptera pas que son droit à l'auto-détermination soit volé par un report des échéances attendues" a-t-il martelé. "Les...