Des soldats de l'OTAN en Afghanistan. Photo AFP
L'Otan quittera l'Afghanistan "quand le moment sera venu", sans risque de "fragiliser les progrès significatifs réalisés", a affirmé lundi le secrétaire général de l'Alliance avant une réunion des ministres de la Défense de l'organisation.
"Il y a encore beaucoup de problèmes en Afghanistan (...) La décision de quitter (le pays) sera prise collectivement, quand le moment sera venu. (...) Je ne veux pas préjuger des décisions qui seront prises par les ministres" de la Défense de l'Otan, a déclaré Jens Stoltenberg en présentant cette réunion prévue mercredi et jeudi. La discussion sur le maintien ou le retrait de la mission de formation "Resolute Support", qui compte 9.600 militaires de 36 pays membres de l'Otan ou partenaires, aura lieu jeudi, a-t-il précisé.
Jens Stoltenberg a toutefois laissé entendre qu'aucune annonce ne serait faite à l'issue de la réunion organisée en visioconférence à cause de la pandémie de Covid-19. Plusieurs diplomates ont confirmé à l'AFP qu'aucune décision ne serait prise jeudi.
Aux termes de l'accord signé en février 2020 entre les Etats-Unis et les talibans, les contingents des pays engagés en Afghanistan doivent avoir quitté le pays le 1er mai 2021.
"Bien qu'aucun allié ne souhaite rester en Afghanistan plus longtemps que nécessaire, nous ne partirons pas avant le moment opportun", a fait valoir M. Stoltenberg. "Nous devons trouver le bon équilibre. Nous ne devons pas partir trop tôt", a-t-il insisté.
Les talibans ne respectent pas leurs engagements et poursuivent leurs attaques, a accusé Jens Stoltenberg. "Ils doivent négocier de bonne foi et rompre tout contact avec les groupes terroristes internationaux", a-t-il rappelé.
"Nous entendons les inquiétudes de la société civile. Des progrès socio-économiques significatifs et des acquis, notamment pour les femmes, ont été obtenus. Nous devons veiller à ne pas les fragiliser par les décisions que nous allons prendre", a-t-il expliqué. "Les ministres continueront à évaluer la situation sur le terrain" et une réunion spéciale peut être convoquée si nécessaire, a-t-il précisé. Les talibans ont mis en garde samedi l'Otan contre "une prolongation de l'occupation et de la guerre". Les ministres vont examiner toutes les options, a assuré lundi Jens Stoltenberg. "La sécurité de nos troupes est essentielle. Toutes les mesures seront prises en ce sens", a-t-il précisé. Une étude commandée par le Congrès américain a appelé à différer le retrait des troupes internationales pour éviter de donner une victoire aux talibans.
Les Etats-Unis ont le plus important contingent de l'opération Resolute Support avec 2.500 personnes. L'Allemagne est le second contributeur avec 1.600 soldats, suivie par l'Italie (895) et la Géorgie (860). La France n'est plus engagée en Afghanistan.


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