L'ambassadrice de France au Liban, Anne Grillo. Photo Twitter/@grillo_anne
"Cette effroyable explosion a bouleversé vos vies. Elle a blessé Beyrouth et par là-même tout le Liban. Six mois après, il est inacceptable que le peuple libanais attende toujours des réponses de la part de ses dirigeants", a dénoncé l'ambassadrice de France au Liban, Anne Grillo, dans une brève intervention enregistrée.
La gigantesque explosion au port de Beyrouth, provoquée le 4 août par une énorme quantité de nitrate d'ammonium stockée depuis plusieurs années "sans mesure de précaution" de l'aveu même des autorités, a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés. Elle a dévasté des quartiers entiers de la capitale. Une grande partie de la population fait d'ailleurs assumer aux dirigeants politiques et sécuritaires actuels la responsabilité de la double explosion. Depuis, malgré une vingtaine d'interpellations notamment parmi les responsables de la sécurité et du port, l'enquête n'a pas abouti. Elle a même été suspendue temporairement en décembre, le temps pour les autorités judiciaires de trancher sur une requête présentée par deux ministres incriminés, qui ont réclamé la récusation du magistrat instructeur.
Des engagements restés "lettre morte"
"Six mois après l'explosion, il est inacceptable que le Liban n'ait pas de gouvernement pour répondre à la crise sanitaire et sociale et engager des réformes structurelles et que les engagements pris devant le président de la République restent lettre morte", a affirmé l'ambassadrice. "A tous les responsables de ce pays, votre responsabilité individuelle et collective est majeure. Ayez le courage d'agir et la France vous aidera", a demandé Mme Grillo aux dirigeants libanais, alors que le pays est sans gouvernement depuis bientôt six mois, après la démission du cabinet de Hassane Diab dans la foulée de la catastrophe du 4 août 2020. Depuis sa désignation au poste de Premier ministre le 22 octobre dernier, Saad Hariri n'est pas parvenu à former un nouveau cabinet, alors qu'il est engagé dans un bras de fer politique avec le chef de l'Etat, Michel Aoun.
Le président français Emmanuel Macron s'est rendu à deux reprises au Liban après le drame et il a récemment annoncé son intention d'y retourner. A l'issue de ses rencontres avec les barons de la politique libanaise, M. Macron avait lancé une "initiative française" visant à sauver un pays en proie à des crises économique, sociale et sanitaire. "La France porte le Liban en son cœur. Avec l'appui des Nations unies, elle a mobilisé la communauté internationale en organisant des conférences qui ont permis de récolter l'aide nécessaire. Aujourd'hui, la France est toujours là. L'aide à la reconstruction se poursuit. C'était il y a six mois. Les Français ne vous oublient pas et restent à vos côtés", a conclu l'ambassadrice.


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