Le coordinateur des Nations unies au Liban, Jan Kubis. Photo d'archives AFP
Le coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, Jan Kubis, est revenu jeudi sur les violences de ce début de semaine à Tripoli (Nord) et a appelé les "élites politiques" à former sans tarder un gouvernement "efficace", attendu depuis août, estimant que "le peuple ne peut plus tolérer la chute libre (du pays, ndlr) vers les abysses". Le Liban traverse depuis des mois une grave crise financière et socioéconomique, aggravée par la pandémie de coronavirus.
Dans un tweet, le diplomate a estimé que "la violence qui s'intensifie, surtout lors des manifestations à Tripoli, avec de nombreux blessés (...), est un nouveau message envoyé aux élites politiques : formez un gouvernement efficace sans plus tarder". "Le peuple ne peut plus tolérer cette chute libre vers les abysses", a-t-il ajouté.
Depuis le début de la semaine, des centaines de protestataires descendent dans les rues du Liban, dans différentes régions, afin de protester contre les mesures strictes de confinement mises en place pour lutter contre la pandémie de coronavirus, qui empêchent une grande partie de la population de subvenir à ses besoins et de percevoir un revenu, alors que l'Etat n'a versé aucune compensation. A Tripoli, la ville la plus pauvre du Liban, les manifestations prennent, depuis lundi soir, un tour violent et dégénèrent quotidiennement en affrontements avec les forces de l'ordre, qui ont fait plusieurs centaines de blessés.
M. Kubis quittera début février ses fonctions à Beyrouth, après avoir été nommé envoyé spécial pour la Libye et chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul). Il était en poste au Liban depuis 2019, et s’est distingué par une empathie claire à l’égard du mouvement de contestation du 17 octobre 2019 et une attitude très sévère à l’égard de la classe dirigeante libanaise. L'ONU n'a pas encore annoncé l'identité de son remplaçant au Liban.


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