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HRW dénonce les conditions de vie "désastreuses" des réfugiés syriens à Ersal


HRW dénonce les conditions de vie

Un réfugié syrien rassemblant ses effets personnels après le démantèlement de son abri, à Ersal, en juin 2019. Photo AFP / Joseph EID

Deux ans après la décision prise par les autorités libanaises de démanteler leur camp, plus de 15 000 réfugiés syriens n'ont pas d'abri adéquat pour faire face aux conditions climatiques hivernales peu clémentes à Ersal, localité libanaise frontalière de la Syrie, a déploré Human Rights Watch, qui évoque des conditions de vie "désastreuses". 

A Ersal, ces réfugiés doivent vivre leur deuxième hiver sans toit en dur et dans des logements de fortune qui ne sont pas isolés, alors que les températures descendent parfois en dessous de zéro et que le camp connaît régulièrement des inondations, a relevé HRW dans un rapport. "Leurs conditions de vie sont désastreuses", a souligné la coordinatrice senior de l'ONG pour les droits des réfugiés et des migrants, Michelle Randhawa, qui a regretté que leur situation et les restrictions en place pour lutter contre le coronavirus "menacent leur sécurité et leur vie". 

La décision de démanteler le camp de réfugiés de Ersal avait été prise en 2019 par le Conseil supérieur de défense, présidé par le chef de l'Etat, Michel Aoun, sur la base d'une loi interdisant la construction de bâtiments en béton sur les terrains agricoles et imposant de construire les abris en bois, pierre et toile. En juillet et août 2019, l'armée libanaise avait dans ce cadre démantelé au bulldozer près de 400 habitations de fortune de réfugiés à Ersal. Depuis 2014 et les affrontements entre l'armée libanaise et les jihadistes de l'Etat islamique et du front al-Nosra, infiltrés de Syrie, les réfugiés de cette localité ont été ciblés par de nombreuses perquisitions de l'armée et les camps sont désormais entourés par des barrages militaires, rappelle HRW, bien que les jihadistes aient depuis été chassés par la troupe et le Hezbollah lors de combats à l'été 2017. 

Le Liban dit accueillir sur son sol 1,5 million de Syriens, dont près d'un million inscrits auprès de l'ONU comme réfugiés ayant fui le conflit dans leur pays. Les ONG ne cessent de dénoncer les mesures discriminatoires et les discours de haine dont sont victimes les réfugiés au Liban, où l'immense majorité des partis, mais aussi une partie de l'opinion publique, réclament leur retour en Syrie. Fin novembre 2020, quelque 270 familles de réfugiés syriens avaient été chassées de Bécharré, une localité du nord du Liban, après qu'une altercation dans laquelle était impliqué un ouvrier syrien ait mené à la mort d'un habitant libanais. Et en décembre 2020, une dispute entre des ouvriers syriens et une famille libanaise avait mené à l'incendie d'un camp entier de réfugiés à Minié (Nord). Mais, selon HRW, malgré ces tensions et les conditions de vie difficiles au Liban, aucun des Syriens interrogés par l'ONG n'a estimé qu'un retour en Syrie était "sûr". 

Deux ans après la décision prise par les autorités libanaises de démanteler leur camp, plus de 15 000 réfugiés syriens n'ont pas d'abri adéquat pour faire face aux conditions climatiques hivernales peu clémentes à Ersal, localité libanaise frontalière de la Syrie, a déploré Human Rights Watch, qui évoque des conditions de vie "désastreuses". A Ersal, ces réfugiés doivent vivre leur deuxième hiver sans toit en dur et dans des logements de fortune qui ne sont pas isolés, alors que les températures descendent parfois en dessous de zéro et que le camp connaît régulièrement des inondations, a relevé HRW dans un rapport. "Leurs conditions de vie sont désastreuses", a souligné la coordinatrice senior de l'ONG pour les droits des réfugiés et des migrants, Michelle Randhawa, qui a regretté que leur situation et...