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France

Quatre mois de prison pour un livreur ayant refusé des livraisons casher



Quatre mois de prison pour un livreur ayant refusé des livraisons casher

Un téléphone sur lequel l'application de l'entreprise de livraison de repas Deliveroo est ouverte. Photo d'illustration AFP

Un Algérien de 19 ans a été condamné jeudi à quatre mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Strasbourg (est) pour discriminations fondées sur la religion, après avoir refusé de livrer les commandes de deux restaurants casher de Strasbourg.
"Toute discrimination est interdite en France par la loi. On doit respecter tout le monde dans ce pays", a insisté le président du tribunal Bertrand Gautier, en rendant la décision qui est assortie d'un mandat de dépôt.

Jugé en comparution immédiate, le jeune homme, arrivé en France avec un visa de tourisme il y a environ un an et désormais présent de manière illégale sur le territoire, fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français émise par la préfecture.
En fin de semaine dernière, deux restaurateurs strasbourgeois avaient porté plainte, après s'être vu annuler la prise en charge de leur commande par un livreur de l'entreprise de livraison de repas Deliveroo, après avoir indiqué, à la demande du livreur, que leurs établissements faisaient de la cuisine israélienne.

A l'audience, l'un des restaurateurs a réaffirmé que ce livreur, qui utilisait le compte Deliveroo d'un autre, lui avait dit "Je ne livre pas les Juifs" avant d'annuler la commande devant lui. Aidé par un interprète, le livreur a lui reconnu avoir annulé les commandes, mais pas avoir prononcé cette phrase. L'avocat des deux restaurateurs, Me Raphaël Nisand, a estimé à l'issue de l'audience que "la justice a bien parlé", mais a néanmoins regretté que Deliveroo n'ait pas été concerné par une action en justice.

Alors que Deliveroo avait affirmé lundi prendre "cet incident très au sérieux", le président du tribunal a déclaré à l'audience que l'entreprise n'avait été "pas particulièrement coopérative ni très réactive" avec la police pour identifier ce livreur, qui utilisait les accès à la plateforme d'une personne et se faisait verser l'argent de ses livraisons sur le compte d'une troisième personne.
"Nous sommes soulagés de l'issue de cette enquête, qui a permis d'identifier l'auteur de ces faits odieux, grâce à la coopération étroite de Deliveroo avec les services de police", a de son côté affirmé la directrice générale de Deliveroo, Melvina Sarfati El Grably, dans un message écrit transmis à l'AFP.

L'entreprise a indiqué avoir "pris la décision irrévocable de mettre un terme à notre partenariat avec le titulaire du compte, pour manquement grave", celui-ci ayant "en effet prêté son compte de manière illégale à l'auteur des faits, pratique que nous condamnons".
Le livreur a également été condamné à verser 1.000 euros à chacun des restaurateurs au titre de préjudice moral, ainsi que des dommages et intérêts à des associations qui s'étaient portés partie civile.
"La main des juges n'a pas tremblé devant l'antisémitisme" a réagi sur Twitter la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA).


Un Algérien de 19 ans a été condamné jeudi à quatre mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Strasbourg (est) pour discriminations fondées sur la religion, après avoir refusé de livrer les commandes de deux restaurants casher de Strasbourg."Toute discrimination est interdite en France par la loi. On doit respecter tout le monde dans ce pays", a insisté le président du...