Des personnes à proximité d'une carcasse de voiture calcinée, le 20 décembre 2020, à Kaboul, en Afghanistan. Photo HAROON SABAWOON / ANADOLU AGENCY / AFP
Les forces de sécurité afghanes ont arrêté trois personnes liées à l'assassinat, le mois dernier, d'un militant de renom à la tête d'une organisation indépendante d'observation des élections, a annoncé la police samedi.
Les assassinats ciblés de journalistes, personnalités politiques et défenseurs des droits sont devenus de plus en plus fréquents ces derniers mois en Afghanistan, où Kaboul et plusieurs provinces sont en proie à une recrudescence des violences. "Trois personnes ont été arrêtées en lien avec l'assassinat de Mohammad Yousuf Rasheed," a déclaré aux journalistes le porte-parole de la police de la capitale, Ferdaws Faramarz.
Le 23 décembre, cet homme qui était le directeur exécutif du Forum afghan pour des élections libres et équitables (Fefa), avait été tué ainsi que son chauffeur dans une embuscade tendue par des hommes armés dans le sud de la capitale, alors qu'il se rendait en voiture à son travail.
Fondé en 2004 par Nader Naderi, l'un des actuels négociateurs du gouvernement au Qatar, le Fefa a pour objectif de promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance. Son assassinat a été condamné par les responsables afghans et étrangers.
Le vice-président Amrullah Saleh a affirmé sur sa page Facebook que les meurtriers faisaient partie d'une "petite cellule des talibans" qui opère dans la province de Logar, jouxtant Kaboul. "J'espère qu'ils seront exécutés quand la procédure sera achevée", a-t-il ajouté.
Outre Mohammad Yousuf Rasheed, un vice-gouverneur de la province de Kaboul et cinq journalistes ont notamment été tués depuis novembre. Ces assassinats, qui se déroulent souvent en plein jour, pendant les embouteillages, notamment dans la capitale, ont semé la peur et le chaos dans le pays.
Les autorités afghanes ont imputé ces attaques aux talibans, même si l'organisation État islamique en a revendiqué certaines. Le 4 janvier, l'armée américaine avait imputé pour la première fois aux talibans la responsabilité de la série d'attaques ciblées visant des personnalités afghanes reconnues.
Depuis quelques mois, la capitale Kaboul et plusieurs provinces afghanes sont en proie à une recrudescence des violences, en dépit des pourparlers de paix entre les talibans et le gouvernement en cours depuis septembre à Doha. Une nouvelle session de ces négociations s'était ouverte mercredi dans la capitale du Qatar.


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