Un poste de contrôle militaire syrien à Alep. Photo d'archives George Ourfalian, AFP
Quinze personnes, en majorité des militaires, ont été tuées dans une embuscade tendue par le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, la deuxième attaque menée par cette organisation jihadiste contre des forces du régime en moins d'une semaine, a rapporté lundi une ONG.
L'attaque a eu lieu dimanche soir contre un bus et des voitures à Wadi al-Azib, dans le nord de la province de Hama, sur une route reliant la ville de Raqqa (nord) à la capitale Damas, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Huit militaires syriens, quatre combattants de groupes alliés et trois civils ont péri dans l'attaque et 15 personnes ont été blessées, selon un nouveau bilan de l'OSDH. Un précédent bilan faisait état de neuf morts dont sept militaires. Le bus transportait des militaires "et probablement certains de leurs proches" pour les ramener chez eux, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. L'EI n'a pas revendiqué cette attaque mais l'OSDH a affirmé qu'elle avait été menée par cette organisation jihadiste.
A Damas, l'agence de presse officielle Sana a fait état de neuf civils tués dans une "attaque terroriste".
Il s'agit de la deuxième attaque contre un bus transportant des militaires syriens menée par l'EI en cinq jours. Le 30 décembre, 39 militaires ont été tués dans une embuscade revendiquée par l'EI et tendue à des soldats à bord d'un bus dans la province de Deir ez-Zor (est).
Malgré sa mise en déroute en mars 2019 avec la chute de son "califat", l'EI continue de lancer des attaques meurtrières en Syrie, notamment dans le vaste désert de la Badiya qui s'étend de la province centrale de Homs jusqu'à celle de Deir ez-Zor, à la frontière avec l'Irak, où les jihadistes sévissent également.
"Le groupe a depuis le printemps dernier intensifié ses activités et lancé des attaques contre les forces du régime dans la Badiya", souligne M. Abdel Rahmane.
Pour l'analyste Aymenn al-Tamimi, les dernières embuscades révèlent la difficulté à éliminer les cellules dormantes de l'EI dans une région aussi vaste. "Les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés doivent couvrir une très grande zone peu peuplée dans laquelle l'EI peut facilement survivre et mener des attaques", explique-t-il.
Le conflit syrien, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, a fait plus de 387.000 morts.


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