Le directeur général de la Sécurité de l’État, Tony Saliba. Photo d'archives ANI
L'audition du directeur général de la Sécurité de l’État, Tony Saliba, qui s'est présenté jeudi au Palais de Justice de Beyrouth pour être questionné par le juge en charge de l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth, Fadi Sawan, a été reportée à une date ultérieure, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Ce report a été décidé en raison d'un recours en suspicion légitime d’incompétence contre le juge Sawan, présenté par les deux députés et anciens ministres Ali Hassan Khalil (Finances) et Ghazi Zeaïter (Transports et Travaux publics), inculpés par le magistrat jeudi dernier, tout comme le Premier ministre démissionnaire, Hassane Diab, et l'ancien ministre des Transports et Travaux publics, Youssef Fenianos.
"L'audition a été reportée à une date qui sera fixée ultérieurement, le temps que le recours présenté contre le juge Sawan pour suspicion légitime d'incompétence soit examiné par la Cour de cassation", a indiqué l'Ani. "Le face-à face qui était également prévu entre le général Saliba et le major Joseph Naddaf a été reporté", a ajouté l'agence.
Actuellement en détention, l'officier Naddaf, qui est sous les ordres du général Saliba, assure avoir adressé plusieurs lettres à son supérieur hiérarchique pour le mettre en garde contre la capacité de nuisance du nitrate d’ammonium qui a provoqué le drame du 4 août.
Près de 3.000 tonnes de cette matière avaient explosé ce jour-là, faisant plus de 200 morts et 6.500 blessés, dévastant également des quartiers entiers de la capitale.
Le juge Sawan a inculpé jeudi dernier le Premier ministre démissionnaire Hassane Diab et trois anciens ministres, Ali Hassan Khalil, Ghazi Zeaïter et Youssef Fenianos, de négligence. Seul M. Fenianos a accepté d'être interrogé par le magistrat instructeur. Il s'agit des premières inculpations d'hommes politiques annoncées quatre mois après le drame. Plusieurs responsables sécuritaires et portuaires, notamment l'ancien directeur de la société qui gère le port, ainsi que le directeur des Douanes, sont déjà sous les verrous.

