Le président de la CGTL, Béchara Asmar. Photo d'archives ANI
Le patron de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL), Béchara el-Asmar, a annoncé mardi être parvenu à un accord avec le gouvernement sortant pour que les subventions sur la farine et le blé ne soient pas levées, de sorte à ce que le prix du pain arabe ne soit pas affecté. Les médicaments concernant les maladies chroniques seront également exclus d'une levée des subventions, selon lui.
"Nous sommes parvenus à un accord avec le Premier ministre sortant, Hassane Diab et les ministres concernés pour ne pas lever les subventions sur la farine et le blé", a annoncé M. Asmar au cours d'une conférence de presse. "C'est un accomplissement conséquent", a-t-il ajouté. "Nous avons initié une rencontre avec les minotiers et propriétaires des entrepôts, et avons convenu de ne pas toucher au prix du pain", ni à la quantité vendue par paquet. Le patron du syndicat, considéré proche des partis au pouvoir a annoncé reporter son appel à la grève générale initialement prévue mercredi pour protester contre une levée des subventions.
Concernant les subventions sur les médicaments, M. Asmar a réaffirmé qu'il s'opposait au concept de rationalisation. "Les médicaments ont été classifiés de sorte à ce que certains d'entre eux ne soient plus subventionnés, mais les médicaments pour les maladies chroniques le resteront", a-t-il annoncé.
Mis en place pour faire face à la dépréciation de la livre, qui a perdu près de 80% de sa valeur en un an, le financement des importations par les réserves de la Banque du Liban bénéficie aux importateurs de carburant, de blé, de médicaments, d’équipements médicaux et de matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique. Une partie des mécanismes en place leur permet d’acheter à la BDL et au taux officiel de 1.507,5 livres pour un dollar une partie des montants réclamés par leurs fournisseurs, à condition de fournir eux-mêmes la fraction restante. La proportion est de 85% ou 90% de dollars subventionnés pour 15 ou 10% de dollars "frais". Le dispositif mis en place pour les biens de première nécessité permet quant à lui aux importateurs concernés d’acheter tous leurs dollars au taux de 3.900 livres. Le taux dollar/livre, qui a commencé à s’effondrer au début de la crise socio-économique sans précédent que traverse le Liban depuis plus d’un an, gravite depuis plusieurs jours autour de 8.000 livres pour un billet vert sur le marché noir.

