Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem. Photo ANI
Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, a appelé à "arrondir les angles" dans le processus de formation du gouvernement qui reste otage des tiraillements politiques et d'un bras-de-fer entre le Premier ministre désigné, Saad Hariri, et le chef de l’État, Michel Aoun.
"Le Liban ne pourra se relever sans la formation d'un gouvernement qui soit la porte d'entrée vers une solution", a estimé le dignitaire chiite, lors d'une rencontre virtuelle organisée par le département culturel du parti chiite dans le Sud, à l'occasion de la naissance de Sayyida Zeinab, fille de l'imam Ali.
"Si les responsables au Liban se mettent d'accord, l'Occident et l'Amérique devront, bon gré mal gré, prendre note de cela", a poursuivi le cheikh Kassem. "Les citoyens étouffent et le seul pari gagnant est celui d'un accord et d'un arrondissement des angles", a encore estimé le numéro deux du Hezbollah.
Il a, dans ce contexte, estimé que les sanctions imposées par Washington contre des responsables libanais, notamment des membres du Hezbollah ou des alliés politiques du parti, "ne produisent pas de solutions mais compliquent les problèmes au Liban". Dernièrement, c'est le chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, allié chrétien du parti chiite, qui a été sanctionné par les Etats-Unis.
"Le Hezbollah est en faveur de l'édification de l’État et de la bonne marche des institutions. Il est l'un des piliers de la stabilité du Liban, de sa protection, de son indépendance, de sa construction et de son développement. Le parti sera toujours un partenaire efficace pour ceux qui cherchent des solutions et qui souhaitent construire Beyrouth et le Liban, ainsi que trouver des solutions aux questions socio-économiques", a conclu le dignitaire chiite, alors que son parti, le seul à détenir un arsenal depuis la fin de la guerre civile, est accusé par certains de saper l’État libanais.
Mercredi, pour la première fois depuis sa désignation le 22 octobre pour former un gouvernement, Saad Hariri a présenté une mouture de cabinet au chef de l'État. Ce dernier a promis d'étudier le document et lui a remis une proposition de répartition des portefeuilles, une action interprétée par certains milieux comme bloquant les efforts de M. Hariri. Plusieurs obstacles continuent de se dresser devant la formation du cabinet, notamment l'attribution du tiers de blocage réclamé par le Courant patriotique libre, fondé par le président Aoun. Après plus de trois semaines de surplace, le processus pourrait toutefois être relancé, une nouvelle visite du président français Emmanuel Macron à Beyrouth étant prévue dans une dizaine de jours.

