Des demandeurs d'asile installés dans un bâtiment abandonné de l'île grecque de Lesbos, en septembre 2020. Photo d'illustration AFP
Environ 300 Somaliens sont récemment arrivés en Turquie, selon le ministre grec. "Quand les Somaliens arrivent par avion à Istanbul, ils sont transférés à bord de camionnettes dans des endroits particuliers de cette ville avant d'être conduits sur les côtes occidentales turques", a dit le ministre.
La semaine dernière, deux jeunes Somaliennes ont péri dans le naufrage de leur embarcation de fortune au large de l'île grecque de Lesbos venant des côtes turques. Trente-deux Somaliens ont été secourus par les gardes-côtes grecs et transférés sains et saufs à Lesbos. Parmi les 214 migrants arrivés depuis le 1er novembre à Lesbos, 142 sont des Somaliens, a affirmé Notis Mitarachi.
Athènes ne cesse d'accuser Ankara "d'instrumentaliser" la question migratoire pour faire pression sur l'Union européenne (UE). De son côté la Turquie accuse l'UE de ne pas lui fournir d'aide suffisante afin de soutenir environ quatre millions de migrants et réfugiés sur son territoire, dont beaucoup souhaitent venir en Europe. Fin février, des incidents avaient eu lieu à la frontière terrestre gréco-turque quand Ankara avait encouragé des milliers de migrants à traverser la frontière vers l'Europe.
Selon Notis Mitarachi, "en Somalie, les autorités turques, dont le ministre de l'Education et d'autres ministères, encouragent l'immigration vers la Turquie". "Il est évident que ces gens ne sont pas en risque en Turquie et ce pays pourrait leur octroyer l'asile. Il est inquiétant que la Turquie semble faciliter l'arrivée de ces migrants en leur octroyant des visas de voyage", a déploré le ministre.
Interrogé sur les accusations de refoulements illégaux présumés, perpétrés ces derniers mois par Athènes en coopération avec l'Agence de surveillance des frontières européennes (Frontex), le ministre a répondu qu'"il n'y avait pas eu de refoulements, selon le résultat d'une enquête". Il a souligné que selon une enquête similaire de Frontex "il n'y a pas eu de preuve de violation de la loi jusqu'ici".
Le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), l'UE et de nombreuses ONG ont appelé la Grèce à plusieurs reprises ces derniers mois à ouvrir une enquête sur des refoulements illégaux perpétrés par ses gardes-côtes, des accusations qu'Athènes avait toujours rejeté.

