La façade du siège de la BDL à Hamra. Photo d'archives Patrick Baz/AFP
Un certain nombre de protestataires se revendiquant de la révolte du 17 octobre ont coupé la route donnant accès au siège de la Banque du Liban (BDL), lundi, à Hamra (Beyrouth), scandant des slogans visant le gouverneur de la BDL, Riad Salamé.
"Voleur, voleur, Riad Salamé est un voleur", répétaient en chœur certains des manifestants rassemblés devant l'entrée de la Banque centrale. "Tout le monde est avec nous, ils sont corrompus, et vous, vous les protégez" ?, s'indigne une protestataire, s'adressant aux forces de l'ordre faisant barrage devant la grille d'accès.
Riad Salamé est une figure particulièrement conspuée par les manifestants depuis la révolte du 17 octobre contre l'ensemble de la classe dirigeante accusée de corruption. Ces derniers le considèrent comme l'un des principaux responsables de la crise financière que le Liban traverse depuis plus d'un an. Depuis octobre 2019, pour faire face à une crise de liquidités, les banques libanaises ont mis en place une série de mesures aussi drastiques qu'illégales, limitant la capacité des déposants à retirer leurs fonds en dollars américains et à effectuer des transferts à l’étranger. Les clients ne peuvent plus notamment effectuer de retraits qu’en livres libanaises à partir de leurs comptes en devises, au taux de 3 900 livres pour un dollar, tandis que le taux du marché parallèle tournait autour de 8 200 livres en fin de semaine dernière.
Vendredi soir, l’avocat et militant antipouvoir Wassef Haraké a été blessé, ainsi que trois autres manifestants, dans une manifestation contre le gouverneur de la BDL, lorsque des échauffourées ont éclaté entre les forces de l’ordre et des protestataires qui tentaient de pénétrer dans l’enceinte de l’École supérieure des affaires (ESA), dans le quartier de Clemenceau, à Beyrouth.

