Le PDG de Fransabank et ancien ministre de l'économie, Adnan Kassar. Photo d'archives OLJ
Des protestataires se réclamant du soulèvement du 17 octobre ont pris à partie jeudi soir l'ancien ministre de l'Économie et président du conseil d'administration de la Fransabank Adnane Kassar, qui se trouvait dans un café à Beyrouth, l'accusant d'avoir "volé" leurs avoirs en banque et le forçant à se retirer des lieux.
"Tu es là assis en train de fumer un cigare, pendant que notre argent en banque est volé !", s'indigne dans cette vidéo devenue virale l'un des protestataires, face à M. Kassar, qu'il qualifie de "voleur", surpris au café Lina's dans le quartier Badaro. "Nous venons réclamer notre droit !" , renchérissent d'autres protestataires, furieux. "Les étudiants à l'étranger se font virer et toi tu fumes un cigare alors que le peuple se meurt", s'indigne l'un d'entre eux.
D'abord impassible, Adnan Kassar a fini par quitter les lieux sous les quolibets des contestataires.
طرد الأوليغارشي اللص عدنان القصار صاحب مصرف فرنسبنك، من احدى المقاهي في بدارو. الشعب يلفظ الطبقة السياسية والمصرفية الفاسدة والناهبة لودائعه وجنى عمره. الشعب سيسترد ماله الذي ينعم به أسياد النظام المصرفي والسياسي الفاسد.
— مجموعة شباب المصرف (@msmasref) December 3, 2020
لا مكان لهم ولا أمان الا بالخضوع لقوة الشعب.#القوة_للشباب pic.twitter.com/1Abam6cMeJ
Vidéo issue du compte Twitter du groupe des "Jeunes de la Banque Centrale"
Les organismes économiques libanais, dont M. Kassar a été le président, ont condamné dans l'après-midi de vendredi cet incident, qu'ils ont qualifié de "désolant". Prenant, dans un communiqué, la défense de l'homme d'affaires, le regroupement a souligné que "le secteur public libanais a toujours été en première ligne de la défense de l'économie nationale" et appelé à ne pas "tuer deux fois ce secteur".
Dans la foulée du soulèvement du 17 octobre, plusieurs responsables ont été pris à partie dans des restaurants et des lieux publics par les manifestants qui les accusent de corruption, mais ces incidents se sont faits rares avec la pandémie de coronavirus qui a forcé la fermeture des cafés et restaurants.


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