Le ministre libanais sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi. Photo Dalati et Nohra
Le ministre libanais sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, a été entendu mercredi par le procureur général près la cour de cassation, le juge Ghassan Oueidate, à la suite de ses déclarations concernant la corruption généralisée parmi les magistrats. Après avoir témoigné, M. Fahmi a quitté le palais de Justice de Beyrouth sans faire de déclaration.
"Lors de sa déposition, M. Fahmi a affirmé ne pas avoir voulu porter atteinte au pouvoir judiciaire et a salué le lien fort entre la sécurité et la justice", rapporte l'Ani. Il a également dit "être sous le seuil de la loi". Dans des propos accordés à la chaîne de télévision locale LBCI, le ministre a souligné qu'il n'avait toutefois présenté aucune excuse au procureur concernant ses propos.
Jeudi dernier, il avait affirmé lors de l'émission à forte audience "Sar el-Wa't", sur la MTV, que "pas moins de 95% des juges sont corrompus". Il s'était ensuite félicité de ce que son "honnêteté" pourrait "réveiller certains au sein de la justice". Le procureur Oueidate doit également auditionner le journaliste Marcel Ghanem, qui anime l'émission sur la MTV.
Cette accusation lancée contre le pouvoir judiciaire avait immédiatement provoqué des réactions indignées. Le Conseil supérieur de la magistrature avait ainsi estimé que les propos de M. Fahmi étaient "totalement inacceptables et faux" et rappelé que celui-ci est censé "œuvrer pour l'édification de l’État et ses institutions". Le Conseil avait demandé vendredi au procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, de "prendre des mesures judiciaires appropriées contre le ministre Fahmi".
Le juge Oueidate assistera demain à la réunion hebdomadaire du Conseil supérieur de la magistrature afin d'exposer à ses confrères le contenu du témoignage du ministre Fahmi.

