Réunion des évêques maronites, le 2 décembre 2020 à Bkerké. Photo ANI
Les évêques maronites ont dit mercredi "attendre l'élaboration des lois nécessaires" afin de mener un audit au sein de toutes les institutions étatiques dans le cadre de la lutte contre la corruption. Les prélats ont également appelé les autorités à mettre en place un gouvernement sans délai pour freiner la "détérioration du pays et le sauver".
Lors de leur réunion mensuelle qui s'est tenue à Bkerké, les évêques ont d'abord annoncé "joindre leur voix à celle du peuple libanais, mécontent des tentatives répétées d'empêcher la formation d'un nouveau gouvernement, en contradiction avec les promesses des blocs parlementaires, à savoir un gouvernement d'experts indépendants entamant le grand chantier des réformes", et ont "demandé instamment d’accélérer la formation du gouvernement pour mettre un terme à la détérioration du pays et pour l'impératif de sauvetage". Le processus de formation du gouvernement fait du surplace depuis des mois, alors que le cabinet sortant de Hassane Diab expédie les affaires courantes depuis le 10 août dernier. Après l'échec au bout d'un mois de Moustapha Adib, Saad Hariri a été désigné en octobre Premier ministre, sans toutefois parvenir à mettre en place son équipe.
En outre, les évêques maronites "ont pris acte de l’initiative du Parlement" qui a émis une décision vendredi dernier dans laquelle il se dit en faveur d'un audit juricomptable de la Banque du Liban et de toutes les institutions étatiques, en réponse à une lettre du président de la République, Michel Aoun adressée à la Chambre. Les prélats ont dans ce contexte affirmé "attendre l'élaboration des lois nécessaires pour l'application de cet audit afin qu'il englobe toutes les institutions, administrations et caisses, pour que l'Etat puisse se remettre de la corruption et la mauvaise gouvernance". L'audit de la Banque du Liban, confié au cabinet Alvarez & Marsal, avait été entravé par le refus de la BDL de remettre les documents nécessaires au prétexte du secret bancaire, poussant l'entreprise à jeter l'éponge.
Les évêques ont également remercié le pape François "pour sa proximité avec le Liban, en particulier après l'épreuve de l'explosion du port de Beyrouth". L'immense déflagration survenue le 4 août a fait 204 morts et 6.500 blessés et ravagé des pans entiers de la capitale, provoquant l'émoi de la communauté internationale. Le patriarche maronite a rencontré le pape la semaine dernière afin de discuter de la situation actuelle au Liban.
Les évêques ont enfin "salué la tenue de la Conférence humanitaire pour le Liban" (...) et espèrent que ses recommandations sont mises en œuvre rapidement, de façon stricte et transparente." Une conférence d'aide humanitaire pour le Liban, présidée par la France et l'ONU, est prévue ce mercredi à 19h30 heure libanaise, afin d'aider Beyrouth à se relever après l'explosion du 4 août.


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