Des dizaines de milliers de partisans de Moqtada Sadr manifestant vendredi en Irak sur la place Tahrir à Bagdad. Photo REUTERS/Khalid al-Mousily
Des dizaines de milliers de partisans de Moqtada Sadr manifestaient vendredi en Irak, dans une démonstration de force à l'approche de législatives prévues en juin et à l'issue desquelles le leader chiite a déjà prévenu que sa formation entendait prendre les rênes du gouvernement.
Côte-à-côte malgré la pandémie mondiale de Covid-19, des dizaines de milliers de ses partisans --qui se comptent en millions-- ont mené ensemble sur la place Tahrir de Bagdad la grande prière musulmane du vendredi, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Même si la plupart des politiciens et des responsables irakiens ont déjà affirmé que juin était un délai impossible à tenir, Moqtada Sadr, qui devrait bénéficier selon les experts de la nouvelle loi électorale votée après la révolte d'octobre 2019, commence à faire monter la pression électorale.
Déjà grand vainqueur des législatives de mai 2018, le puissant leader chiite tient le premier bloc au Parlement avec 54 députés sur 329. Il pourrait remporter plus de sièges encore avec des circonscriptions plus petites, faisant la part belle aux notables, dignitaires tribaux et religieux et aux candidats appuyés par de riches partis dans un pays où le clientélisme est roi et la fraude fréquente.
Sur Twitter cette semaine, Moqtada Sadr a dit s'attendre à une victoire importante et donc, a-t-il dit, à placer un Premier ministre de son parti.
Le chef du gouvernement est théoriquement nommé par le plus gros bloc du Parlement avant de se soumettre avec son cabinet à un vote de confiance des députés. Vendredi, ses partisans ont brandi des drapeaux irakiens et des portraits de leur leader aujourd'hui toujours en tenue de clerc chiite --turban et longue robe traditionnelle-- mais aussi des portraits de lui en tenue militaire datant de l'époque où sa toute-puissante milice, l'Armée du Mehdi, faisait régner la terreur dans le pays. Moqtada Sadr, qui n'apparaît que très rarement en public, n'était pas présent au rassemblement de vendredi.

