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Des policiers suspendus après le tabassage d'un homme noir


Des policiers suspendus après le tabassage d'un homme noir

Le ministre français de l'Intérieur quittant le palais de l'Elysée à Paris, le 25 novembre 2020. Photo d'archives REUTERS/Charles Platiau

Trois policiers français ont été suspendus jeudi après le tabassage d'un producteur de musique noir documenté par une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, en plein débat sur une proposition de loi "sécurité globale" controversée. L'affaire a éclaté à la faveur de la publication par le site Loopsider d'images qui montrent un homme noir appelé "Michel" roué de coups par des fonctionnaires de police dans l'entrée d'un studio de musique à Paris.

"On m'a dit sale nègre plusieurs fois et en me donnant des coups de poing", a dénoncé la victime qui a porté plainte au siège parisien de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). "Des gens qui doivent me protéger m'agressent (...), je n'ai rien fait pour mériter ça", a-t-il poursuivi devant la presse, "je veux juste que ces trois personnes soient punies par la loi".

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui sera auditionné lundi par la commission des Lois de l'Assemblée nationale, a demandé au préfet de police de Paris Didier Lallement de suspendre les policiers concernés. Le procureur de Paris Rémy Heitz a souhaité que l'IGPN, saisie du dossier, enquête "le plus rapidement possible". "C'est une affaire extrêmement importante à mes yeux et que je suis personnellement depuis samedi", a-t-il dit à l'AFP.

Coups de matraque

Selon leur procès verbal consulté par l'AFP, les trois policiers sont intervenus samedi pour tenter d'interpeller "Michel" pour défaut de port du masque. "Alors que nous tentons de l'intercepter, il nous entraîne de force dans le bâtiment", écrivent-ils. Sur les images de vidéosurveillance de ce studio on voit les trois fonctionnaires de police entrer dans le studio en agrippant l'homme puis le frapper à coups de poing, de pied ou de matraque. Dans leur rapport, les policiers ont écrit que l'homme les avait frappés.

Selon ces mêmes images, "Michel" résiste en refusant de se laisser embarquer, puis tente de se protéger le visage et le corps. Il ne semble pas porter de coups. La scène dure cinq minutes. Des personnes qui se trouvaient dans le sous-sol du studio parviennent ensuite à rejoindre l'entrée, provoquant le repli des policiers et la fermeture de la porte du studio. Les policiers tentent ensuite de forcer la porte et jettent à l'intérieur du studio une grenade lacrymogène.

Après l'interpellation, l'homme a dans un premier temps été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête ouverte pour "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique" et "rébellion".

"Milice barbare"

Mais le parquet de Paris a classé cette enquête et ouvert mardi une nouvelle procédure pour "violences par personnes dépositaires de l'autorité publique" et "faux en écriture publique". "Si nous n'avions pas les vidéos, mon client serait peut-être actuellement en prison", a dit à l'AFP, Me Hafida El Ali, avocate de "Michel". Son client bénéficie d'une interruption temporaire de travail de six jours.

"J'ai mal à ma France!", a tweeté le footballeur français Antoine Griezmann (FC Barcelone). "L'être humain... est capable de faire des choses inhumaines!", avait réagi auparavant sur twitter un autre footballeur français, Samuel Umtiti, évoluant aussi au FC Barcelone. "Sur ces images, ce n'est pas une police républicaine mais une milice barbare hors de contrôle", a dénoncé sur twitter le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon. "A travers l'agression insoutenable de Michel (...), c'est notre humanité qui est atteinte", a tweeté Christophe Castaner, patron des députés de la majorité présidentielle et ancien ministre de l'Intérieur.

Loi controversée

Cette affaire survient après l'adoption cette semaine par l'Assemblée nationale de la proposition de loi "Sécurité globale", qui suscite de vives critiques de la part des journalistes, des défenseurs des libertés et de l'opposition.

Son article 24, le plus polémique, réprime d'un an de prison et 45.000 euros d'amende la diffusion de "l'image du visage ou tout autre élément d'identification" de membres des forces de l'ordre en intervention, quand elle porte "atteinte" à leur "intégrité physique ou psychique". Elle intervient trois jours après l'évacuation brutale, lundi soir, d'un camp de migrants place de la République à Paris. Le parquet de Paris a ouvert deux enquêtes pour des "violences" dont sont soupçonnés des policiers sur un migrant et un journaliste.

Trois policiers français ont été suspendus jeudi après le tabassage d'un producteur de musique noir documenté par une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, en plein débat sur une proposition de loi "sécurité globale" controversée. L'affaire a éclaté à la faveur de la publication par le site Loopsider d'images qui montrent un homme noir appelé "Michel" roué de coups par des fonctionnaires de police dans l'entrée d'un studio de musique à Paris. "On m'a dit sale nègre plusieurs fois et en me donnant des coups de poing", a dénoncé la victime qui a porté plainte au siège parisien de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). "Des gens qui doivent me protéger m'agressent (...), je n'ai rien fait pour mériter ça", a-t-il poursuivi devant la presse, "je veux juste que ces trois personnes soient...