Une iranienne portant un masque et un casque sanitaire contre le coronavirus le 24 octobre 2020 à Téhéran. Photo d'archives Majid Asgaripour/WANA (West Asia News Agency) via REUTERS
L'Iran se prépare à de nouvelles "restrictions draconiennes" devant entrer en vigueur samedi dans de nombreuses zones du pays alors que le compteur des vies fauchées par l'épidémie de Covid-19 ne cesse de s'accélérer. Les autorités avertissent depuis plusieurs jours de l'imminence de ces nouvelles limitations, mais la liste complète des mesures n'a pas encore été arrêtée et ne devrait être connue que samedi, à déclaré mercredi la porte-parole du ministère de la Santé, Sima Sadat Lari.
Selon Mme Lari, les mesures les plus strictes concerneront plus de la moitié des villes iraniennes dont Téhéran et les 30 autres capitales provinciales (toutes classées "rouges"). "A partir de samedi, des restrictions draconiennes s'appliqueront dans le pays", pour deux semaines, a déclaré le président Hassan Rohani lors du conseil des ministres de mercredi, évoquant la fermeture de tous les commerces non-essentiels dans les zones les plus touchées.
S'il n'est toujours pas question de déclarer un confinement total ou d'imposer des mesures de quarantaine, il semble acquis que la circulation des voitures particulières sera interdite entre 21h00 et 4h00 du matin à Téhéran et dans les autres grandes villes.
L'Iran est le pays du Proche et du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie de nouveau Coronavirus. Jusque-là, les autorités ont refusé d'imposer un confinement général par crainte que cela ne fasse sombrer pour de bon l'économie du pays, en récession depuis le retour des sanctions américaines contre l'Iran décidé par le président Donald Trump en 2018. Au cours des dernières semaines, les chiffres officiels des morts et des blessés ont explosé.
Mme Lari a indiqué mercredi que les autorités avaient recensé 480 décès dus au Covid-19 en 24 heures (à peine moins que le record de 486 annoncé lundi), et un nouveau nombre record de contaminations confirmées (13.421). De l'aveu même de certains responsables, ces chiffres sont largement inférieurs à la réalité.
Tirant la sonnette d'alarme, le ministre de la Santé, Saïd Namaki, a déclaré mardi que les nouvelles restrictions "étaient la dernière chance de permettre au système [de Santé] de faire face au coronavirus". "Si la population n'est pas à la hauteur, nous perdrons le combat" contre la maladie, a-t-il mis en garde, comparant le virus à une "bombe".

