Le logo du mouvement Amal. Via l'Ani
Le bureau politique du mouvement Amal, parti dirigé par le président de la Chambre Nabih Berry, a appelé lundi à la formation rapide du futur gouvernement, sans que les différentes formations politiques concernées ne s'arrêtent sur des "calculs étriqués", alors que le Liban attend depuis août la mise sur pied d'un nouveau cabinet.
"Il faut se dépêcher de former le gouvernement et ne pas s'arrêter sur des calculs étriqués", a souligné le mouvement Amal, dans un communiqué lu par le député Mohammad Khaweja à l'issue d'une réunion de son bureau politique. Le parti estime que tout retard dans la formation du cabinet risque de "faire perdre encore plus la confiance" des Libanais et de la communauté internationale dans les autorités libanaises. "Il faut trouver des solutions à l'effondrement économique, financier et social et respecter la teneur du plan de réformes connu sous le nom d'"initiative française", a ajouté M. Khaweja.
Les tractations gouvernementales que mène, depuis le 22 octobre, le Premier ministre désigné Saad Hariri pour mettre sur pied son équipe s'enlisent face aux revendications des différents partis politiques concernant notamment la répartition des portefeuilles. Le gouvernement devrait pourtant être une équipe "de mission" resserrée, comme définie dans l'initiative du président français Emmanuel Macron, lancée le 1er septembre à Beyrouth pour aider le Liban à sortir de la crise. Le nouveau cabinet est attendu depuis la démission, il y a plus de trois mois, du Premier ministre sortant Hassane Diab, dans la foulée des explosions du 4 août. Le mouvement Amal et le Hezbollah ont, depuis les premières tractations gouvernementales, entamées d'abord par le diplomate Moustapha Adib puis par Saad Hariri, insisté pour pouvoir nommer une personnalité chiite de leur choix au ministère des Finances, ce qui a fini par leur être accordé par le chef du Courant du Futur, malgré son ambition initiale de former une équipe "indépendante".
Concernant le confinement général entré en vigueur samedi, pour une durée de deux semaines, afin de lutter contre la pandémie de coronavirus, le mouvement Amal a appelé le cabinet démissionnaire à "prendre ses responsabilités pour assurer la bonne mise en œuvre" des mesures prévues, tout en venant en aide aux personnes les plus défavorisées.
Les députés Amal ont par ailleurs appelé à "lever les obstacles devant l'application de la loi sur le dollar étudiant", rappelant que Nabih Berry avait souligné la nécessité d'"accélérer sa mise en œuvre", après un entretien la semaine dernière avec des parents d'étudiants à l'étranger.
La loi sur le dollar étudiant, qui est réclamée à cors et à cris par les proches de jeunes inscrits dans des universités étrangères, permet le transfert à l'étranger d'un montant annuel de 10.000 dollars sur base du taux officiel de 1.515 livres libanaises pour un dollar à tout étudiant inscrit dans une université étrangère pour l’année 2020-2021. Depuis son adoption, mi-octobre, la Banque du Liban planche sur un "mécanisme central" pour ce texte afin d’éviter les fraudes, mais les parents accusent le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, d'atermoiements. Cette loi est réclamée alors que les Libanais souffrent depuis plus d'un an de restrictions bancaires aussi drastiques qu'illégales.

