Des officiers de police arméniens tenant une femme arrêtée lors d'une manifestation contre l'accord sur le Karabakh, à Erevan, le 12 novembre 2020. Photo AFP/Karen Minasyan
La justice arménienne a remis vendredi en liberté des figures de l'opposition, arrêtées à la suite d'émeutes contre la signature par le Premier ministre d'un accord consacrant une victoire azerbaïdjanaises dans le conflit du Nagorny Karabakh.
Gaguik Tsaroukian, chef du parti Arménie prospère, a "été relâché de prison" car son "placement en détention était illégal", a indiqué son avocat sur Facebook, Erem Sarkissian, après une décision en ce sens d'un tribunal d'Erevan, la capitale arménienne. Plusieurs autre avocats des dix opposants arrêtés jeudi ont aussi annoncé la libération de leurs clients pour le même motif.
Ils avaient été arrêtés, selon le Service d'enquête du parquet, pour "organisation illégale de désordres de masse violents", crime passible de 10 ans de prison.
Dans la nuit de lundi à mardi, le siège du gouvernement et le Parlement avaient été envahis et partiellement saccagés par des protestataires, notamment d'opposition, dénonçant l'accord signé par le Premier ministre Nikol Pachinian.
Cet accord a mis fin au conflit qui pendant six semaines a ensanglanté le Nagorny Karabakh, opposant séparatistes arméniens et forces azerbaïdjanaises. Au terme de ce texte, l'Azerbaïdjan reconquiert de larges territoires qui étaient sous contrôle arménien depuis le début des années 1990.
Près de 2.000 soldats de maintien de la paix russes vont désormais être déployés sur place, assurant au passage la survie de la république autoproclamée arménienne du Nagorny Karabakh, bien qu'amoindrie et affaiblie. M. Pachinian assure avoir signé cet accord "douloureux" à la demande de l'armée et des responsables séparatistes, faute de quoi, selon lui, la totalité de la région serait repassée sous contrôle azerbaïdjanais.
Il a aussi accusé la contestation d'être pilotée par une oligarchie corrompue issue de l'ancien régime, renversé en 2018 par la révolution populaire qui a porté M. Pachinian au pouvoir. Une nouvelle manifestation d'opposition est attendue vendredi à Erevan. Celles des deux jours précédents ont réunis de 2 à 3.000 personnes.

