Le Palais de justice de Beyrouth. Photo d’archives L’Orient-Le Jour
Une poignée de manifestants s'est rassemblée, jeudi vers midi, devant le Palais de justice de Beyrouth, sous le slogan "Nous ne lâchons rien", pour réclamer l'accélération de l'enquête sur la double explosion du port de la capitale, cent jours après le drame. Les protestataires ont réclamé au procureur général près la Cour de justice, Fadi Sawan, qui mène l'enquête, de rendre publics les éléments de l'enquête. Ils ont ensuite tenu un sit-in devant le domicile de celui-ci, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La double-explosion du port de Beyrouth le 4 août dernier a fait 204 morts, près de 7.000 blessés et plus de 300.000 sans-abris, selon un bilan encore provisoire. La déflagration a dévasté des quartiers entiers de la ville et beaucoup de bâtiments se retrouvent, à l'arrivée de l'hiver, sans toits ni fenêtres tandis que d'autres sont menacés d'écroulement.
Les autorités ont reconnu que l'immense déflagration a été causée par l'explosion de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium qui ont pris feu dans un hangar du port où elles étaient stockées depuis 2014, sans mesures de sécurité. Jusqu'à ce jour, l'enquête locale n'a toujours pas abouti et aucun résultat n'a été divulgué, dans un pays où la justice est souvent soumise aux pressions politiques. Les autorités ont refusé une enquête internationale et avaient initialement promis de publier des résultats sous cinq jours après la double explosion.

