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Dernières Infos - Différends Boeing/Airbus

L'UE réplique aux taxes américaines et tend la main

L'UE réplique aux taxes américaines et tend la main

Un Boeing 737 MAX à l'atterrissage à l'aéroport de Seattle, dans l'état de Washington, le 30 septembre 2020. Photo d'archives AFP

Sans attendre l'arrivée du nouveau président américain Joe Biden, Bruxelles a décidé lundi des sanctions douanières contre les Etats-Unis dans le litige opposant Airbus et Boeing pour chercher une fin négociée à ce conflit vieux de plus de 15 ans.

L'UE a annoncé la mise en place dès mardi de "droits de douane sur 4 milliards de dollars d'exportations américaines", dans un communiqué. Ces santions avaient été autorisées en octobre par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le détail des produits visés devait être publié au Journal officiel de l'Union européenne en fin d'après-midi. Les mesures incluront des taxes de 15% sur les avions et de 25% sur des produits agricoles (tabac, alcools forts...) et industriels (tracteurs, pelleteuses...). "Elles sont en miroir des mesures américaines. Nous ne voulons pas d'escalade du conflit", a expliqué le commissaire européen à l'Economie, Valdis Dombrovskis, lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une visioconférence des ministres européens du Commerce.

Washington inflige déjà, depuis plus d'un an, des droits de douane punitifs sur près de 7,5 milliards de dollars d'importations de l'UE comme le vin, le fromage et l'huile d'olive (à hauteur de 25%), ainsi que des taxes de 15% sur les avions Airbus. Les Etats-Unis y avaient été autorisés par l'OMC.

L'avionneur européen Airbus et son concurrent américain Boeing, et à travers eux l'UE et les Etats-Unis, s'affrontent depuis octobre 2004 devant l'OMC, arbitre du commerce mondial, sur les aides publiques versées aux deux groupes, jugées illégales de part et d'autre.

Après la décision de l'OMC en leur faveur, les pays européens avaient espéré pouvoir éviter d'imposer à leur tour des taxes douanières aux Etats-Unis, en tentant de négocier un accord global sur les aides à l'aéronautique et l'abandon réciproque des sanctions. "Malheureusement, malgré nos meilleurs efforts, en raison du manque de progrès du côté américain, l'UE va exercer ses droits", a déclaré M. Dombrovskis. Mais il a aussitôt tendu la main. "Nous appelons les Etats-Unis à accepter que les deux parties abandonnent leurs contremesures existantes afin que nous puissions tourner la page. Retirer les taxes serait gagnant-gagnant", a affirmé le commissaire européen.

"Rétablir des relations apaisées"

En coulisse, des Etats membres avaient exprimé leurs doutes sur le timing des sanctions européennes, alors que le président américain élu Joe Biden doit remplacer Donald Trump en janvier. C'était notamment le cas de l'Allemagne, grande puissance exportatrice, qui assure actuellement la présidence tournante de l'UE. "Nous aurions été très heureux si une solution amicale avait été trouvée avant l'élection américaine et nous restons prêts à initier à tout moment une solution négociée", a déclaré lundi le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier.

Sous Donald Trump, les Etats-Unis ont mené une politique de confrontation avec l'Europe. Après avoir taxé l'acier et l'aluminium européen, le président sortant a menacé à plusieurs reprises de s'en prendre aux automobiles allemandes. "Il y a de grandes attentes après la victoire électorale de Joe Biden et l'espoir que les Etats-Unis vont revenir à une approche multilatérale, y compris dans le commerce", a affirmé M. Altmaier.

Du côté français, on plaidait pour une attitude de fermeté, condition nécessaire pour promouvoir un dialogue avec Washington sur un pied d'égalité. "La relation commerciale transatlantique est essentielle pour notre économie, et nous souhaitons (...) rétablir des relations commerciales équilibrées et apaisées entre l'Union européenne et les Etats-Unis", ont déclaré le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, et le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Franck Riester, dans un communiqué commun.

Airbus a également salué la décision de Bruxelles. "Airbus soutient toutes les actions nécessaires pour créer des règles de concurrence équitables et continue à soutenir l'engagement de l'UE pour trouver un règlement négocié à cette longue dispute afin d'éviter des taxes perdant-perdant", a réagi l'avionneur européen.

Le dialogue devrait se poursuivre. En octobre, le représentant américain au commerce (USTR) Robert Lighthizer avait affirmé vouloir "intensifier" les négociations avec Bruxelles. Le secteur aéronautique, déjà sinistré par la pandémie de Covid-19, a tout intérêt à éviter un engrenage des sanctions.

Sans attendre l'arrivée du nouveau président américain Joe Biden, Bruxelles a décidé lundi des sanctions douanières contre les Etats-Unis dans le litige opposant Airbus et Boeing pour chercher une fin négociée à ce conflit vieux de plus de 15 ans.L'UE a annoncé la mise en place dès mardi de "droits de douane sur 4 milliards de dollars d'exportations américaines", dans un communiqué. Ces santions avaient été autorisées en octobre par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le détail des produits visés devait être publié au Journal officiel de l'Union européenne en fin d'après-midi. Les mesures incluront des taxes de 15% sur les avions et de 25% sur des produits agricoles (tabac, alcools forts...) et industriels (tracteurs, pelleteuses...). "Elles sont en miroir des mesures américaines. Nous ne voulons...