Le ministre libanais sortant de la Santé, Hamad Hassan. Photo Dalati et Nohra
A la veille d'une réunion du Conseil supérieur de défense, qui doit se pencher sur la situation sanitaire au Liban, le ministre libanais sortant de la Santé, Hamad Hassan, a estimé qu'un confinement total du pays permettrait au secteur de la santé de "reprendre des forces", revenant par ailleurs sur l'importance pour les hôpitaux privés de s'équiper pour recevoir davantage de patients. Un reconfinement total est réclamé depuis plusieurs jours par les autorités et le système médical, mais rejeté par le secteur privé et industriel.
"Les bouclages localisés n'ont pas donné les résultats escomptés", a déploré M. Hassan lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une réunion avec des représentants syndicaux. Le nombre de contaminations continuant d'augmenter, un confinement total représenterait "une opportunité pour le secteur sanitaire de récupérer des forces et de se préparer" pour la suite, a estimé le ministre. Il a déploré que certains hôpitaux "n'étaient toujours pas prêts" à accueillir des patients souffrant du virus. Il a dans ce cadre souligné qu'une commission technique sera mise en place, en coopération avec le syndicat des hôpitaux privés, afin de vérifier la capacité logistique ou non de ces établissements à accueillir plus de patients. Hamad Hassan a encore indiqué avoir discuté avec la Banque du Liban de la possibilité pour les hôpitaux de débloquer des montants en devises pour couvrir les frais d'équipement leur permettant d'ouvrir de nouvelles unités coronavirus, estimant que les établissements "ne peuvent plus invoquer la situation financière comme prétexte" pour ne pas améliorer leur capacité d'accueil. Et M. Hassan de promettre que les arriérés de paiements, dus par l'Etat aux hôpitaux, pour les six premiers mois de 2020, seraient versés dans le courant de cette semaine.
Prenant la parole après le ministre, le président de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL), Béchara el-Asmar, a indiqué être opposé à tout confinement total, qui aurait selon lui des "résultats catastrophiques" sur les travailleurs et l'économie du pays, déjà en crise. Il a dès lors appelé les autorités à s'entretenir avec les Organismes économiques et la CGTL pour prendre des mesures en conséquence. Les hôpitaux sont "obligés" d'accueillir les patients, a encore souligné M. Asmar
Réagissant également à la pénurie de lits hospitaliers, le président du syndicat des transports terrestres, Bassam Tleiss, a exhorté le gouvernement sortant, et notamment le ministère de la Santé, ainsi que le syndicat des hôpitaux privés, à "ouvrir immédiatement les portes des établissements hospitaliers".
Depuis ce matin, le bouclage localisé, stratégie qui était appliquée depuis fin août pour lutter contre la pandémie, est annulé. Par ailleurs, les écoles publiques et privées, ainsi que les instituts techniques, resteront fermés pour les cours en présentiel, a annoncé dimanche le ministère de l’Éducation. Ces mesures ont été prises dans l'attente de la décision du Conseil supérieur de défense concernant un bouclage total du pays. Le couvre-feu, qui empêche toute circulation entre 21h et 5h reste, lui, en vigueur.
Pendant ce temps, la pandémie continue de se répandre et depuis février, date de l'apparition de la pandémie au Liban, 94.236 contaminations ont été enregistrées, au nombre desquels 723 décès et 51 728 guérisons. Parmi les personnes toujours contaminées à ce jour, 797 sont hospitalisées, dont 287 aux soins intensifs.

