Des manifestants devant le siège de la Banque du Liban, à Beyrouth, le 7 novembre 2020. Capture d'écran d'une vidéo publiée sur la page Facebook Akhbar al-Saha
Plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés samedi après-midi devant le siège de la Banque du Liban à Beyrouth, afin de protester contre les politiques de l'institution financière et de réclamer l'audit juricomptable de ses comptes, dont le lancement a été reporté de trois mois.
Bloquant la route devant le siège de la BDL, les contestataires, dont certains brandissaient des drapeaux libanais, ont appelé à la révolte en répétant les slogans du soulèvement du 17 octobre, notamment contre le régime bancaire, et appelant à la relance de l'audit de la Banque centrale et à la lutte contre la corruption. Les protestataires ont encore réclamé que la BDL remette tous les documents et informations requis pour entamer l'audit juricomptable de ses comptes par le cabinet de conseil Alvarez & Marsal.
Les appels à ce sit-in, diffusés notamment par le groupe d'activistes Li Haqqi, avaient été placés sous le thème : "Non au secret bancaire sur les fonds pillés".
Alors que le Liban connaît depuis plus d'un an une grave crise économique et financière, la BDL est pointée du doigt pour sa responsabilité dans cette crise et son gouverneur, Riad Salamé, a été conspué avec virulence lors des manifestations organisées depuis le 17 octobre.
Jeudi, un délai supplémentaire de trois mois avait été accordé à la BDL par le ministère des Finances pour fournir les documents réclamés par Alvarez & Marsal en charge de l'audit juricomptable des comptes de la Banque centrale. Cette procédure est censée permettre de retracer l’historique des transactions afin de détecter d’éventuelles fraudes. Comme le prévoit le contrat signé début septembre avec l'État libanais, Alvarez & Marsal doit examiner l’évolution des comptes de la BDL depuis 2016, année durant laquelle les premières opérations d'ingénieries financières très controversées avaient été lancées. Pour "la première phase" de cet audit juridique, le cabinet avait fixé à la Banque centrale l'échéance du 3 novembre pour lui remettre tous les documents nécessaires, mais l'institution financière avait refusé de communiquer certaines données, basant sa décision sur le Code de la monnaie et du crédit, ainsi que sur la loi libanaise sur le secret bancaire.
L’audit de la BDL occupe pourtant une position importante dans la liste des réformes urgentes que le Liban, en crise depuis plus d’un an, doit mettre en place pour prétendre à une aide financière internationale. Il s’agit aussi d’un pilier de la feuille de route française que le président français Emmanuel Macron avait proposée à la classe politique libanaise lors de son passage à Beyrouth le 1er septembre.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine