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Les parties rivales s'accordent sur un "cessez-le-feu permanent"

Les parties rivales s'accordent sur un

Les factions rivales du conflit en Libye autour de la table des négociations, au siège de l'ONU à Genève, le 20 octobre 2020. Photo AFP / POOL / Fabrice COFFRINI

Les deux parties rivales en Libye ont signé vendredi un accord de cessez-le-feu permanent avec "effet immédiat", après cinq jours de discussions à Genève organisées sous l'égide de l'ONU qui a salué un "tournant" pour la paix dans ce pays rongé par les violences.

"Les deux délégations libyennes (...) ont signé un accord de cessez-le-feu complet, national et permanent avec effet immédiat" au siège de l'ONU à Genève, a annoncé Stephanie Williams, cheffe par intérim de la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul).

Plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est déchirée entre deux pouvoirs: le Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU et basé à Tripoli, et les autorités alliées du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est soutenu par une partie du Parlement élu et son président, Aguila Saleh. Chaque camp a des parrains internationaux. Le maréchal Haftar est soutenu militairement par l'Egypte, la Russie et les Emirats arabes unis tandis que le GNA de Fayez al-Sarraj reçoit l'appui de la Turquie. Les deux parties ont convenu que "toutes les unités militaires et les groupes armés sur la ligne de front doivent retourner dans leurs camps", a ajouté Mme Williams. Ce sera "accompagné du départ de tous les mercenaires et combattants étrangers de tout le territoire libyen, terre, air et mer, dans un délai maximum de trois mois à partir d'aujourd'hui", a-t-elle poursuivi.

"Etape fondamentale"

M. Sarraj, qui était absent à Genève tout comme le maréchal Haftar, a salué le rôle de la Manul dans l'aboutissement de cet accord pour "une paix basée sur la justice et des garanties qui éloignent le spectre de la guerre et des troubles dans notre pays". Le maréchal Haftar n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat à l'annonce de l'ONU. Les deux camps rivaux avaient annoncé en août une cessation des hostilités et les négociations s'étaient accélérées ces dernières semaines pour définir les conditions d'une trêve durable. Le maréchal Haftar a tenté entre avril 2019 et juin 2020 de conquérir militairement Tripoli, sans succès. Ces combats ont fait des centaines de morts et fait fuir des dizaines de milliers de personnes.

Pour la population, épuisée par le conflit et les divisions, ce cessez-le-feu permanent représente une lueur d'espoir. Il s'agit de l'"aboutissement fructueux" des efforts déployés par l'ONU et par la commission militaire conjointe réunie à Genève, avec cinq membres représentant le GNA et cinq autres le maréchal Haftar, a estimé l'analyste libyen Mohamed Eljarh.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a salué "une étape fondamentale vers la paix et la stabilité en Libye", appelant "les acteurs régionaux à respecter les dispositions de l'accord de cessez-le-feu et à s'assurer de son application sans retard". Les Etats-Unis se sont aussi félicités de l'accord, exhortant "les acteurs intérieurs et extérieurs à soutenir la mise en oeuvre de bonne foi de l'accord".

Ankara sceptique

La Turquie a elle mis en doute la viabilité du cessez-le-feu. Soulignant que l'accord n'avait pas été conclu "au plus haut niveau", le président Recep Tayyip Erdogan a estimé qu'il "sembl(ait) manquer de crédibilité".

De son côté, l'Union européenne a salué une "bonne nouvelle". "Mais sa mise en oeuvre est aussi importante car elle sera la clef pour la reprise des négociations politiques", a déclaré Peter Stano, porte-parle du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

En Allemagne, en première ligne dans la recherche d'un règlement politique du conflit, le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas a vu dans cet accord "une bonne base pour le développement prochain d'une solution politique". L'Italie, ancienne puissance coloniale en Libye, a considéré l'accord comme un "tournant d'une importance cruciale pour la stabilité de la Libye".

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont également marqué leur satisfaction, espérant que cet accord ouvre la voie à la consolidation d'une entente politique complète et profite à une économie exsangue.


Les deux parties rivales en Libye ont signé vendredi un accord de cessez-le-feu permanent avec "effet immédiat", après cinq jours de discussions à Genève organisées sous l'égide de l'ONU qui a salué un "tournant" pour la paix dans ce pays rongé par les violences."Les deux délégations libyennes (...) ont signé un accord de cessez-le-feu complet, national et permanent avec effet...