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Emprisonnement des néonazis d'Aube dorée, épilogue d'un procès marathon

Emprisonnement des néonazis d'Aube dorée, épilogue d'un procès marathon

Des partisans du parti d'extrême droite grec, Aube Dorée manifestent à Athènes, le 4 février 2018 - Photo d'archives AFP

L'emprisonnement ordonné jeudi par la cour pénale d'Athènes du chef d'Aube dorée et d'une quarantaine de cadres et membres de cette formation néonazie, responsables de meurtres et de violences, marque la fin d'un des procès les plus importants des dernières décennies en Grèce.

Négationniste et admirateur du national-socialisme, Nikos Michaloliakos, 62 ans, a été reconnu coupable le 7 octobre d'avoir dirigé une "organisation criminelle" et condamné à 13 ans et demi de prison ferme, un verdict qualifié d'"historique" par la quasi totalité de la classe politique grecque. Son arrestation doit intervenir dans les prochaines heures, selon une source policière.

Six autres anciens cadres et députés d'Aube dorée, dont l'eurodéputé Ioannis Lagos, qui bénéficie d'une immunité parlementaire jusqu'à la levée de celle-ci par le Parlement européen, sont condamnés à des peines de 10 et 13 ans de prison ferme, et doivent également être arrêtés et placés sous les verrous.

Yorgos Roupakias, l'assassin du rappeur militant Pavlos Fyssas, tué à l'âge de 33 ans par arme blanche le 18 septembre 2013, sera également incarcéré après avoir été condamné à la perpétuité pour son acte, plus une peine de 14 ans de prison pour "appartenant à une organisation criminelle". Au total plus d'une dizaines d'anciens députés du parti dont Nikos Michaloliakos, et plus d'une vingtaine de membres de cette formation xénophobe seront emprisonnés après avoir été condamnés pour "appartenance" à une organisation criminelle.

La Cour composée de trois juges et présidée par Maria Lepenioti n'a pas suivi les réquisitions de la procureure Adamantia Economou, qui avait en décembre réclamé l'acquittement de la direction et des cadres d'Aube dorée, puis avait demandé, après leur condamnation, leur maintien en liberté dans l'attente d'un éventuel appel.

Depuis une semaine, de nombreux cadres d'Aube dorée sont apparus au tribunal réclamant leur maintien en liberté invoquant surtout "des problèmes de santé" chez leurs proches.

La Cour a seulement accordé jeudi le maintien en liberté conditionnelle pour cinq anciens députés du parti, dont la femme de Nikos Michaloliakos, Eleni Zaroulia, condamnée à six ans de prison pour "appartenance à une organisation criminelle".

"L'histoire va nous donner raison"

Le fondateur d'Aube dorée, dont l'arrestation doit intervenir dans la journée, s'est dit "fier" jeudi d'aller "en prison pour (ses) idées". "L'histoire et le peuple grec vont nous donner raison", a déclaré Nikos Michaloliakos aux médias devant son domicile.

L'ancien porte-parole du parti Ilias Kassidiaris et au moins quatre autres condamnés se sont livrés à la police. "Je suis complètement innocent, ce tribunal est un théâtre absurde, (le verdict) est une volonté politique", a indiqué Yorgos Germnenis, ancien député condamné également à 13 ans et six mois de prison ferme pour direction d'une organisation criminelle.

C'est le choc provoqué en Grèce par le meurtre de Pavlos Fyssas qui avait contraint les autorités à poursuivre en justice en 2013 près de 70 cadres et membres de cette formation, ayant bénéficié jusque-là d'une quasi impunité.

La débâcle socio-politique après la crise financière de 2010 a profité à cette formation dont des représentants étaient entrés en 2012 au Parlement. A l'époque, des groupes d'hommes en noir sillonnaient les rues d'Athènes, tabassant leurs opposants à coups de pied ou de barres de fer et scandant "Sang, honneur, Aube dorée".

Après l'assassinat de Pavlos Fyssas, Nikos Michaloliakos et une vingtaine d'anciens députés avaient été placés en détention provisoire pour dix-huit mois (le maximum légal en Grèce) dans une prison de haute sécurité près d'Athènes avant leur mise en liberté conditionnelle en mars 2014 dans l'attente de leur procès. Le parti a ensuite participé aux élections législatives du janvier 2015, devenant troisième force politique du pays, un record pour ce parti, alors que le procès de la direction et de ses membres n'a commencé qu'en avril 2015 après de nombreux retards dus surtout à des questions procédurales et des grèves en Grèce.

Comptant plus de 450 audiences et 150 témoins dont la majorité étaient des témoins d'accusation, ce procès a entraîné progressivement le déclin d'Aube dorée, qui n'a obtenu aucun député aux dernières législatives de juillet 2019.

L'emprisonnement ordonné jeudi par la cour pénale d'Athènes du chef d'Aube dorée et d'une quarantaine de cadres et membres de cette formation néonazie, responsables de meurtres et de violences, marque la fin d'un des procès les plus importants des dernières décennies en Grèce. Négationniste et admirateur du national-socialisme, Nikos Michaloliakos, 62 ans, a été reconnu coupable le 7 octobre d'avoir dirigé une "organisation criminelle" et condamné à 13 ans et demi de prison ferme, un verdict qualifié d'"historique" par la quasi totalité de la classe politique grecque. Son arrestation doit intervenir dans les prochaines heures, selon une source policière. Six autres anciens cadres et députés d'Aube dorée, dont l'eurodéputé Ioannis Lagos, qui bénéficie d'une immunité parlementaire jusqu'à la levée de...