Le Président russe, Vladimir Poutine. Photo Mikhail KLIMENTYEV / SPUTNIK / AFP
Le président russe a souhaité vendredi le prolongement d'un an "sans condition" du traité de désarmement nucléaire russo-américain New Start, trois jours après une offre des Etats-Unis jugée inacceptable par Moscou.
Ce dernier grand accord bilatéral régissant une partie des arsenaux des deux adversaires géopolitiques expire début 2021. Négocié à l'époque des présidents Barak Obama et Dmitri Medvedev, sa disparition laisse craindre la résurgence d'une course aux armements et de voir encore la relation entre les deux géants se déliter dans un secteur hautement sensible.
Durant une réunion de son Conseil de Sécurité, Vladimir Poutine a proposé "de prolonger l'accord actuel sans condition pendant au moins un an afin d'avoir la possibilité de mener des négociations nourries" sur un traité devant le remplacer. Cela repousserait ainsi jusqu'à février 2022 la validité de l'accord, alors que les négociations n'ont pas abouti jusqu'ici et que la présidentielle américaine du 3 novembre pourrait rebattre les cartes.
Le traité New Start, conclu en 2010, maintient les arsenaux des deux pays bien en deçà de leur niveau de la Guerre froide, limitant à 700 le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques déployés et à 1.550 le nombre de têtes nucléaires.
La Russie et les États-Unis détiennent néanmoins toujours, à eux deux, plus de 90% des armes nucléaires dans le monde, selon le dernier rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Depuis des mois, Washington et Moscou négocient âprement pour trouver un terrain d'entente.
Mais face au manque d'avancée, et la fin de l'actuel mandat du président américain Donald Trump approchant, le négociateur américain Marshall Billingslea a proposé mardi à Moscou de prolonger le traité "pendant un certain temps" à condition que la Russie accepte "de geler" son arsenal nucléaire.
"Inacceptable" a répliqué dans la foulée le négociateur russe et vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, alors que pour Moscou l'accord doit être prolongé en l'état et sans conditions. Lors de la réunion avec M. Poutine, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'est même dit favorable à la prolongation pure et simple de l'accord actuel pour cinq ans. Il est néanmoins disposé à négocier un nouveau document, et affirme avoir transmis des propositions concrètes à Washington.
Nouvelles armes
Vendredi, Vladimir Poutine a lui estimé qu'il serait "extrêmement regrettable" que le traité arrive à terme sans être remplacé, saluant un accord ayant permis, selon lui, "de limiter la course aux armements". D'autant que le président Trump a déjà renié le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée, et le traité Ciel ouvert, ou Open Skies, visant à vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires.
Concernant New Start, les Etats-Unis insistent, jusqu'ici sans succès, pour que le traité qui sera appelé à lui succéder concerne aussi la Chine. Et ils veulent que le document traite aussi des armes nucléaires tactiques ainsi que des nouveaux types d'armement que la Russie se targue d'avoir développé.
"Il est clair que nous avons des nouveaux systèmes d'armement que les Américains n'ont pas, du moins, pour le moment. Mais nous ne nous refusons pas de discuter cet aspect de la question", a d'ailleurs ajouté M. Poutine.
La Russie a développé ces dernières années une nouvelle génération d'armes, parmi lesquelles des missiles présentés par le président russe comme "invincibles" car hypersoniques, sur fond des tensions envenimées avec Washington.
Pour l'expert militaire russe Vassili Kachine, les Américains proposent "un accord radicalement différent" de New Start, ce qui en l'état est inacceptable pour Moscou. Dès lors, un prolongement de l'accord d'un an serait à ce stade la "variante idéale", selon l'expert. "C'est une chance de sauver l'accord" avant une élection présidentielle américaine incertaine, estime-t-il.
Ce dernier grand accord bilatéral régissant une partie des arsenaux des deux adversaires géopolitiques expire début 2021. Négocié à l'époque des présidents Barak Obama et Dmitri Medvedev, sa disparition laisse craindre la résurgence d'une course aux armements et de voir encore la relation entre les deux géants se déliter dans un secteur hautement sensible.Durant une réunion de son Conseil de Sécurité, Vladimir Poutine a proposé "de prolonger l'accord actuel sans condition pendant au moins un an afin d'avoir la possibilité de mener des négociations nourries" sur un traité devant le remplacer. Cela...

