Des membres d'un clan libanais circulant à bord d'un pick-up, lourdement armés, dans la Békaa, selon des images relayées sur les réseaux sociaux. Capture d'écran d'une vidéo circulant sur les réseaux sociaux
Le commissaire par intérim du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Fadi Akiki, a chargé mercredi les services de renseignement de l'armée et des Forces de sécurité intérieure d'enquêter afin de dévoiler l'identité de dizaines de personnes armées ayant paradé à Baalbeck au début du mois, lors de tensions entre deux clans.
Selon des informations de l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle), le juge Akiki a délivré une commission rogatoire aux forces de l'ordre et à la troupe afin qu'elles "mènent toutes les enquêtes nécessaires" pour que ces dizaines de personnes armées, qui avaient paradé le 5 octobre, soient identifiées et arrêtées. Le juge réclame encore la saisie de toutes les armes, légères et d'assaut, détenues par ces personnes.
Le 4 octobre, des membres du clan Jaafar, arrivés à bord de voitures tout-terrain, avaient abattu, en plein jour, un membre du clan Chamas dans son magasin situé à Baalbeck. Un meurtre motivé par une vendetta vieille de plus de deux ans. Après le crime, ces hommes armés sont revenus, sans être inquiétés le moins du monde, au quartier Charawné, fief de leur clan, où ils ont "célébré" leur vengeance par des tirs d’armes lourdes et moyennes. En 2017, deux membres du clan Chamas avaient en effet tué un membre de la famille Jaafar, et des informations ont circulé selon lesquelles la libération des meurtriers serait proche. Après cet assassinat, des vidéos avaient circulé largement sur les réseaux sociaux montrant des hommes nombreux et lourdement armés, certains à côté de véhicules équipés de mitrailleuses. Ces images montraient, a priori, des membres des deux clans, Jaafar et Chamas, qui avaient érigé des barrages sur certaines routes de la région, provoquant la panique des habitants locaux. L'armée avait alors été appelée en renfort et s'était déployée dans la région. Lors de cette intervention, la troupe avait notamment arrêté quatorze personnes. Plusieurs d'entre elles, qui selon l'enquête ne faisaient que transporter des armes pour le compte d'autres, avaient ensuite été relâchées.


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