Des chaufeeurs de taxi entourant le vice-président de la Fédération des syndicats des transporteurs routiers au Liban, Chadi Sayyed, le 12 octobre 2020. Photo Ani
L'Union des syndicats des professions indépendantes et des institutions publiques et privées, ainsi que la fédération des syndicats des transports, ont lancé lundi un appel à manifester mercredi prochain, rejoignant celui lancé par la Confédération générale des travailleurs libanais, afin de protester contre la dégradation de la situation économique du pays et toute levée éventuelle des subventions des produits de première nécessité par la Banque du Liban (BDL).
Ainsi, le conseil exécutif de l'Union a appelé "les administrations et les institutions publiques à descendre dans la rue mercredi pour protester contre la situation économique et le chaos sécuritaire, dans le contexte de pandémie du coronavirus", dénonçant également le "renoncement de l'Etat face à l'effondrement de la livre libanaise" et "la cupidité des commerçants" et mettant en garde contre une "implosion" du pays.
De son côté, le vice-président de la Fédération des syndicats des transporteurs routiers au Liban, Chadi Sayyed, a confirmé dans la journée que la fédération allait se mobiliser pour cette "journée de colère et du refus".
Dans la journée, la fédération des employés du secteur de la santé, mobilisé depuis plusieurs mois dans le cadre de la lutte contre le coronavirus et qui souffre de la crise économique qui touche notamment les hôpitaux, a également appelé à prendre part à la journée de manifestation de mercredi.
La BDL a commencé, peu après le début de la crise il y a plus d’un an, à subventionner une série de biens et de matières, notamment les importations de carburants, de médicaments et de blé. La mesure vise à maintenir les prix du carburant, qui sont plafonnés par le ministère de l’Énergie et de l’Eau, en plein contexte de dépréciation de la livre. Mais l’on craint une fin proche des subventions alors que les réserves de la BDL s’amenuisent. La monnaie nationale, ancrée au dollar au taux officiel de 1 507,5 livres le dollar depuis 1997, flirte aujourd’hui avec la barre des 9 000 livres pour un dollar sur le marché noir, un phénomène générant une hyperinflation qui pourrait brutalement s’aggraver en cas de suspension subite des mécanismes actuels de subventions.

