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Crise

Le GIS exhorte les dirigeants libanais à former "rapidement" un gouvernement


Le GIS exhorte les dirigeants libanais à former

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, le 23 septembre 2020 à New York. Photo United Nations/Handout via REUTERS

Le Groupe international de soutien au Liban (GIS) réuni mercredi en visioconférence a exhorté les dirigeants libanais à "mettre sur pied rapidement un gouvernement à même de répondre aux attentes légitimes exprimées par le peuple libanais", d'entreprendre des réformes "essentielles" et de mettre en place des "mesures crédibles".

Le pays continue de s'enfoncer depuis un an dans une grave crise politique et économique et la mise sur pied d'un nouveau cabinet butte encore sur les tiraillements entre les formations politiques rivales. Ces forces politiques s'étaient pourtant engagées le 1er septembre, devant le président français Emmanuel Macron, venu à Beyrouth, à former un cabinet "de mission" pour une sortie de crise dans un délai de quinze jours, déjà dépassé.

"Les membres du GIS ont exhorté les dirigeants du Liban à s’unir pour la mise en place rapide d’un gouvernement à même de répondre aux attentes légitimes exprimées par le peuple libanais et déterminé à apporter une solution aux nombreuses et pressantes difficultés auxquelles le Liban est confronté, en particulier les crises humanitaire, socio-économique et financière, la pandémie de Covid-19, la reconstruction de Beyrouth et la restauration du patrimoine et des bâtiments historiques de Beyrouth", peut-on lire dans le communiqué du GIS.

Cette réunion du Groupe international de soutien (GIS) au Liban, créé en 2013, a rassemblé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, le président de la Banque mondiale David Malpass, et les représentants des pays et organisations du GIS (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Etats-Unis, Russie, Chine, Union européenne et Ligue arabe), ainsi que le Premier ministre libanais démissionnaire Hassane Diab.

Dans son intervention, le chef de l'ONU a rappelé que le Liban est confronté à une tempête parfaite: une crise financière et socio-économique, une augmentation sans précédent du chômage et de la pauvreté et la pandémie du Covid-19. Les explosions désastreuses du mois dernier ont exacerbé ces défis", a déclaré M. Guterres en référence à la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth. "Cette dernière tragédie doit être une sonnette d'alarme, a-t-il ajouté. Onze mois après que tant de personnes sont descendues dans la rue pour appeler au changement, nous espérons des mesures concrètes pour mettre en œuvre des réformes économiques, sociales et politiques". "La désignation de Moustapha Adib au poste de Premier ministre est un pas dans la bonne direction, a-t-il estimé. Cela devrait être suivi par la formation rapide d'un gouvernement capable de répondre aux aspirations et aux besoins légitimes exprimés par le peuple libanais et de mettre rapidement en œuvre des réformes clés et des changements fondamentaux". "Sans cela, la capacité du pays à se relever et à se reconstruire sera mise en péril, ce qui aggravera les troubles et les difficultés pour le peuple libanais", a mis en garde le chef de l'ONU.

En outre, "les membres du GIS ont vivement exhorté les dirigeants politiques libanais à entreprendre des réformes essentielles (...). Ils ont également rappelé la nécessité que ces réformes répondent aux défis auxquels fait face le Liban et aux aspirations pacifiques exprimées par le peuple libanais". Ils ont exhorté le Liban à "mettre en œuvre rapidement des mesures pour restaurer la stabilité économique, améliorer les prestations des services publics et la crédibilité du secteur financier, renouer des échanges fructueux avec le Fonds monétaire international et donner la priorité à des mesures clé en matière de gouvernance, en réglementant notamment de manière crédible les secteurs économiques essentiels, comme le secteur de l’électricité, et apporter son soutien aux communautés les plus vulnérables au Liban, notamment en mettant en place des systèmes de protection sociale". Ils ont également enjoint le gouvernement et les dirigeants politiques à "mettre en place des mesures crédibles de lutte contre la corruption et la fraude fiscale, à adopter une loi de contrôle des capitaux, ainsi que d’autres mesures garantissant des changements tangibles, la transparence et une entière redevabilité vis-à-vis du peuple libanais", peut-on encore lire dans le communiqué.


Par ailleurs, les participants à la réunion "ont réitéré leur sympathie aux personnes touchées par les explosions du 4 août à Beyrouth et leurs condoléances aux familles des victimes. Ils ont également rendu hommage à la résilience du peuple libanais et à l’assistance fournie par la société civile à tous ceux dans le besoin". Ils ont aussi salué la mobilisation immédiate de la communauté internationale pour soutenir le Liban et le peuple libanais au plan financier et logistique suite à la double explosion. "Les aides promises (au Liban) doivent être apportées rapidement, en quantités suffisantes, en cohérence avec les besoins du peuple libanais, et déployées dans la plus grande transparence et avec le maximum d’efficacité afin de permettre les secours d’urgence et un prompt redressement", ont-il souligné tout en appelant la communauté internationale à "accroître rapidement son soutien à Beyrouth et au peuple libanais compte tenu du contexte". Ils ont appelé à la tenue d’une conférence de suivi en octobre prochain à Paris, afin de "dresser un bilan de ce qui a déjà été fait et de déterminer la voie la plus efficace et la plus transparente à suivre pour permettre un prompt redressement", ajoute le communiqué.

En effet, à l'issue de sa visite à Beyrouth, la deuxième en l'espace d'un mois après la double explosion du 4 août, le président français Emmanuel Macron avait annoncé qu'il inviterait à Paris, en octobre, les responsables libanais à une réunion organisée parallèlement à une nouvelle conférence d'aide internationale. Il avait averti qu'il s'agissait de "la dernière chance pour le système" libanais.

Le GIS a par ailleurs appelé tous les acteurs à préserver "le caractère pacifique des manifestations, en évitant la violence et en respectant le droit de se rassembler et de manifester pacifiquement". Il a aussi souligné "l’importance pour le Liban de continuer à respecter de manière inébranlable les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, les accords de Taëf (1989) et la déclaration de Baabda sur la politique de distanciation (2012)".


Le Groupe international de soutien au Liban (GIS) réuni mercredi en visioconférence a exhorté les dirigeants libanais à "mettre sur pied rapidement un gouvernement à même de répondre aux attentes légitimes exprimées par le peuple libanais", d'entreprendre des réformes "essentielles" et de mettre en place des "mesures crédibles".

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