Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Crise

Au-delà de l'urgence, un plan de relance pour préparer la France de 2030

Au-delà de l'urgence, un plan de relance pour préparer la France de 2030

Le Premier ministre français Jean Castex. Photo AFP / POOL / Thomas SAMSON

Avec un plan de relance de 100 milliards d'euros sur deux ans présenté jeudi, le gouvernement entend préparer la France de 2030 et aller au-delà du seul rebond de l'économie durement frappée par la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, même si sa priorité reste l'emploi.

"La France a tenu mais elle est incontestablement affaiblie", a souligné le Premier ministre Jean Castex en présentant à Paris ce plan d'une "ambition et d'une ampleur historiques".

Le plan, qui devrait avoir un "effet d'entraînement sur le reste de l'économie", produira "des effets concrets et perceptibles pour le plus grand nombre", a promis Jean Castex, avec une "priorité absolue", l'emploi, alors que 800.000 suppressions sont attendues en 2020.

Le chef du gouvernement a fixé pour objectif "ambitieux mais à notre portée" de retrouver en 2022 le "niveau de richesse d'avant la crise". Il a appelé "au sens des responsabilités de tous les acteurs pour que les entreprises embauchent, à commencer par les jeunes, pour que les partenaires sociaux dialoguent et trouvent des accords, pour que les collectivités investissent aux côtés de l'État (...) et pour que les ménages investissent et consomment au lieu d'épargner".

Au total, 100 milliards d'euros sur deux ans seront injectés dans l'économie, qui devrait se contracter de 11% cette année.

A moins de deux ans de l'élection présidentielle, l'exécutif promet une exécution sans perte de temps. Après les 460 milliards d'euros de soutien d'urgence mobilisés depuis le début de la crise, le dispositif est un plan d'investissement sur le moyen terme, autour de trois priorités: la transition écologique, la compétitivité des entreprises et la cohésion sociale, défend le gouvernement.

Trente milliards d'euros seront consacrés au verdissement de l'économie, "un pas de géant", vante la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili quand le numéro du parti écologiste EELV Julien Bayou dénonce un "investissement ponctuel et nettement insuffisant".

Le transport bénéficiera notamment de 11 milliards d'euros, dont 4,7 milliards pour l'opérateur ferroviaire SNCF afin de financer le fret ferroviaire, les petites lignes et le train de nuit. Près de 7 milliards seront alloués à la rénovation énergétique des bâtiments, serpent de mer des politiques écologiques.

Pour réindustrialiser les territoires, le plan mise sur l'amélioration de la compétitivité des entreprises, avec 35 milliards d'euros mobilisés, dont 20 milliards pour baisser leurs impôts de production, malgré les protestations des collectivités qui en sont les principales bénéficiaires.

Le reste de l'enveloppe soutiendra les fonds propres des entreprises mis à mal par la crise, subventionnera la relocalisation d'activités et l'innovation dans des secteurs d'avenir, comme l'intelligence artificielle ou le calcul quantique.

Mais dans l'opposition, les patrons du parti de droite Les Républicains Christian Jacob et du Parti socialiste Olivier Faure regrettent un plan arrivant "tard", près de quatre mois après la fin du confinement.

Résorber la dette

Face à cette débauche de moyens pour les entreprises, le gouvernement, veut montrer qu'il n'a pas oublié les plus modestes et ceux menacés de perdre ou ne pas trouver d'emploi. Ainsi, 35 milliards d'euros sont dédiés à la cohésion sociale et territoriale, incluant 15 milliards pour l'emploi, dont 6,7 milliards déjà annoncés cet été pour les jeunes ou encore 6,6 milliards pour le dispositif d'activité partielle de longue durée.

S'y ajoutent un investissement dans l'hôpital (6 mds), la revalorisation de l'allocation de rentrée scolaire, des aides aux collectivités. Sur l'ensemble du plan, 80 milliards pèseront directement sur le budget de l'État et viendront alourdir la dette publique, attendue déjà à près de 121% du PIB cette année.

Mais l'impact sur la dette sera "presque entièrement résorbé à partir de 2025" s'il atteint son objectif de réactivation de l'activité, a fait valoir M. Castex, qui écarte des hausses d'impôts. La moitié des 80 milliards sera toutefois financée par les subventions issues du plan de relance européen et, à l'exception de la baisse des impôts de production, les dépenses engagées ne seront pas pérennes, tempère-t-on au gouvernement.

Avec un plan de relance de 100 milliards d'euros sur deux ans présenté jeudi, le gouvernement entend préparer la France de 2030 et aller au-delà du seul rebond de l'économie durement frappée par la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, même si sa priorité reste l'emploi. "La France a tenu mais elle est incontestablement affaiblie", a souligné le Premier ministre Jean Castex en présentant à Paris ce plan d'une "ambition et d'une ampleur historiques". Le plan, qui devrait avoir un "effet d'entraînement sur le reste de l'économie", produira "des effets concrets et perceptibles pour le plus grand nombre", a promis Jean Castex, avec une "priorité absolue", l'emploi, alors que 800.000 suppressions sont attendues en 2020. Le chef du gouvernement a fixé pour objectif "ambitieux mais à notre portée" de...