Un homme inspecte les dégâts après un attentat suicide dans la province de Balkh, en Afghanistan, dans une photo publiée par les autorités le 25 août 2020. Photo AFP/Afghan Ministry of Defense (MOD)
Au moins trois personnes ont été tuées et une quarantaine blessées lors d'un attentat-suicide au camion piégé visant une base militaire mardi dans le nord de l'Afghanistan, a-t-on appris de source militaire.
"La cible de l'ennemi était une base des commandos, mais après avoir échoué à l'atteindre, l'ennemi a fait exploser le véhicule à proximité, infligeant de sérieuses pertes aux civils alentour", a déclaré à l'AFP Hanif Rezayee, un porte-parole militaire. "Beaucoup de maisons ont été endommagées ou détruites. Les soldats aident à évacuer les victimes", a-t-il encore raconté, faisant état d'au moins trois morts (deux civils et un militaire) et 41 blessés, dont 35 civils.
Le ministère de la Défense a confirmé l'attentat survenu dans la province de Balkh (Nord), qui a soufflé les bâtiments de part et d'autre d'une route en pierre, selon une vidéo de l'AFP. Les talibans ont revendiqué l'attaque qui, selon eux, visait une base des commandos afghans préparant une attaque contre leurs propres combattants.
Quelque 61 militaires ont été tués, affirment les rebelles, qui exagèrent régulièrement les pertes infligées à l'ennemi. L'attaque était pour "venger la mutilation des cadavres de talibans dans les provinces de Balkh et Zaboul (Sud)", a précisé Zabihullah Mujahid, un porte-parole taliban.
L'attentat survient alors qu'une délégation talibane est en visite au Pakistan - l'un des trois seuls pays à avoir reconnu leur régime dans les années 1990, et qui jouit de fait d'une certaine influence sur eux -, Islamabad souhaitant pousser les rebelles à négocier avec les autorités afghanes.
Les négociations entre insurgés et Kaboul, prévues dans un accord signé fin février par les Etats-Unis et les insurgés mais maintes fois repoussées, n'avancent plus du fait d'un désaccord autour d'un échange de prisonniers. Dans ce texte non ratifié par Kaboul, qui entérine le retrait des troupes américaines d'Afghanistan d'ici mi-2021, Washington et les rebelles se sont accordés sur l'échange de quelque 5.000 talibans contre un millier de membres des forces afghanes. Mais 320, parmi les plus dangereux, restent emprisonnés par les autorités afghanes. France et Australie se sont opposés à la libération de certains d'entre eux.

