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Dernières Infos - Explosions De Beyrouth

Deriane critique le refus des responsables de démissionner

Deriane critique le refus des responsables de démissionner

Le mufti de la République, cheikh Abdel Latif Deriane. Photo ANI

Le mufti de la République libanaise, le cheikh Abdel Latif Deriane, a critiqué mercredi les responsables libanais qui se sont selon lui "exonérés" de toute responsabilité dans les explosions dévastatrices du port de Beyrouth, sous des prétextes de "hiérarchie administrative" et qui refusent de laisser leur place à des personnes "qui méritent de représenter le peuple libanais". 

Qualifiant le 4 août de "jour noir" dans l'histoire du Liban, et estimant que la double explosion de Beyrouth constitue "un des plus grands crimes de ce siècle", le cheikh Deriane a affirmé comprendre les Libanais "qui ne peuvent pas rester silencieux" face à cette catastrophe. "Comment les Libanais peuvent-ils s'abstenir d'exploser après avoir vu leur capitale dévastée par des actes de négligence et d'irresponsabilité de la part de ceux qui dirigent le pays et à qui ils ont accordé leur confiance", s'est interrogé le mufti, dans un discours prononcé à l'occasion du nouvel an de l'Hégire, célébré demain par les musulmans. 

"Comment certains peuvent-ils s'exonérer, sous des prétextes de hiérarchie administrative et comment les responsables n'abandonnent-ils pas leur poste volontairement à des personnes qui mériteraient de représenter le peuple", a encore affirmé Abdellatif Deriane.
Ces critiques voilées s'adressent notamment au chef de l'Etat, Michel Aoun, qui avait affirmé au lendemain des explosions de Beyrouth avoir été au courant de la présence des 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium présentes dans le port et qui ont soufflé la capitale, mais ne pas avoir pu agir parce que cela n'entrait pas dans ses prérogatives. Le président Aoun avait par ailleurs refusé de démissionner, malgré les demandes répétées de la rue, estimant que cela entraînerait un "vide de pouvoir". Le cheikh Deriane peut également viser le président de la Chambre, Nabih Berry, qui avait dénoncé un "complot" pour forcer les députés à démissionner. 

Concernant le refus, annoncé notamment par Michel Aoun, d'une enquête internationale sur les circonstances des explosions, "par crainte que cela ne porte atteinte à la souveraineté du Liban", selon le mufti, ce dernier a estimé que ce sont "ces personnes qui refusent l'enquête qui ont fait échouer la souveraineté". "Les Libanais ne méritent-ils pas de connaître la vérité ?", s'est-il interrogé. Le mufti a ensuite appelé à une enquête internationale sur les exposions du port "afin d'identifier les responsabilités et regagner la confiance". La double explosion du 4 août a fait selon un dernier bilan, toujours provisoire, au moins 177 morts et encore des dizaines de disparus ainsi que 6.500 blessés. 

La plus haute instance sunnite libanaise a par ailleurs estimé que le Liban "pourrait ne pas avoir besoin de la neutralité", réclamée notamment par le patriarche maronite Béchara Raï, "si nous construisons un Etat fort, avec une justice sociale et une économie renforcées, ainsi que grâce au vivre-ensemble". 

Mettant en garde contre des "menaces existentielles" pour le pays, le cheikh a appelé à lancer, urgemment, une enquête internationale sur les responsabilités des explosions, ce qui permettrait, selon lui, de "rétablir la confiance". Il a réclamé "un changement radical" des autorités, conformément aux revendications populaires, via l'organisation de législatives anticipées selon une loi électorale "appropriée". Enfin, le mufti de la République a appelé le chef de l'Etat à convoquer rapidement les consultations parlementaires contraignantes pour la nomination du futur Premier ministre et la formation d'un "gouvernement neutre de secours, composé de technocrates", alors que le cabinet de Hassane Diab a démissionné depuis le 10 août.

Concernant le jugement rendu hier par le Tribunal spécial pour le Liban dans l'attentat du 14 février 2005 qui avait coûté la vie à l'ancien Premier ministre Rafic Hariri et 21 autres personnes, le cheikh Deriane a estimé que "l'assassinat de Rafic Hariri nous oblige à tout faire pour sauver le pays de la prolifération des armes", en référence aux armes du Hezbollah. 

Le TSL a rendu mardi son jugement concernant l'attentat du 14 février 2005 au terme d’une longue audience qui s’explique par la volonté des magistrats d’argumenter le verdict qui expose en détail le contexte dans lequel l’assassinat avait été commis et les motifs de cet acte. Le TSL a condamné par contumace Salim Ayache pour son rôle dans l'attentat mais a acquitté les trois autres accusés de ce procès, Hassan Habib Merhi, Hussein Oneïssi et Assaad Sabra. Le tribunal évoque l’appartenance des accusés au Hezbollah mais reconnaît qu’aucune preuve n’a permis d’établir un "lien direct" entre l’attentat et la Syrie ou le Hezbollah.

Le mufti de la République libanaise, le cheikh Abdel Latif Deriane, a critiqué mercredi les responsables libanais qui se sont selon lui "exonérés" de toute responsabilité dans les explosions dévastatrices du port de Beyrouth, sous des prétextes de "hiérarchie administrative" et qui refusent de laisser leur place à des personnes "qui méritent de représenter le peuple libanais". Qualifiant le 4 août de "jour noir" dans l'histoire du Liban, et estimant que la double explosion de Beyrouth constitue "un des plus grands crimes de ce siècle", le cheikh Deriane a affirmé comprendre les Libanais "qui ne peuvent pas rester silencieux" face à cette catastrophe. "Comment les Libanais peuvent-ils s'abstenir d'exploser après avoir vu leur capitale dévastée par des actes de négligence et d'irresponsabilité de la part de ceux...