Un manifestant pour les droits des sunnites devant le ministère de l'Intérieur, à Beyrouth, le 3 juillet 2020. Photo Ani
Des partisans de l'ex-Premier ministre Saad Hariri ont observé un sit-in vendredi matin devant le ministère de l'Intérieur à Beyrouth en bloquant brièvement la route à ce niveau pour protester contre ce qu'ils estiment être la mise à l'écart des sunnites sur la scène politique libanaise, alors que les rumeurs vont bon train sur une chute prochaine du gouvernement de Hassane Diab et la mise en place d'une nouvelle équipe ministérielle, possiblement sous la houlette de Saad Hariri.
Les manifestants ont déploré "la marginalisation de la communauté sunnite, privée de ses droits et écartée des positions qui lui reviennent au sein de l'appareil d'Etat", rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). "Le président Saad Hariri est le vrai représentant des sunnites au Liban" ont fait valoir les manifestants, qui arboraient des banderoles sur lesquelles était écrit "Les sunnites sont une ligne rouge". "Les sunnites sont un symbole de modération", ont-ils rappelé, tout en scandant des slogans qui rejettent "un gouvernement qui ne les représente pas et ne se soucie ni de la hausse des prix, ni de l'augmentation du dollar, ni des coupures de courant". Les protestataires ont tenté de forcer l'entrée du ministère, avant que la tension ne retombe. Plusieurs représentants des manifestants ont ensuite été reçus par le ministre de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, qui a déploré lors de leur rencontre "les expressions offensantes lancées contre le chef de l'Etat, Michel Aoun", lors du sit-in. Les contestataires ont "le droit d'exprimer leurs revendications, mais cela ne justifie pas les insultes", a-t-il souligné.
Pour de nombreux observateurs, les jours de l'actuel cabinet sont comptés, à qui il est reproché d'être incapable de mener les réformes pour sortir le Liban de la grave crise économique qu'il traverse. Pour le remplacer, un gouvernement qui compterait parmi ses parrains l'ancien Premier ministres est pressenti, tandis que ce dernier doit faire face à la rivalité d'un nouvel arrivant sur la scène sunnite, son propre frère Baha'.


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