Une manifestante tenant un panneau appelant à la libération de Michael Spavor et Michael Kovrig, deux Canadiens, détenus en Chine depuis fin 2018, à Vancouver, le 8 mai 2019. Photo AFP / Jason Redmond
Une décision qui va tendre encore les relations entre Chine et Canada: Pékin a formellement inculpé d'espionnage deux Canadiens détenus depuis 2018, une affaire largement perçue par Ottawa comme des représailles après l'arrestation d'une cadre de Huawei à la demande de Washington.
Michael Kovrig, ancien diplomate auparavant en poste à Pékin, ainsi que le consultant et homme d'affaires Michael Spavor, spécialiste de la Corée du Nord, ont été interpellés en Chine en décembre 2018 et y sont depuis incarcérés. Leur arrestation a coïncidé avec celle, quelques jours plus tôt au Canada, à la demande de la justice américaine, de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou.
Mme Meng, fille du fondateur de Huawei, est accusée par Washington d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran. Elle risque désormais une extradition vers les Etats-Unis. Son arrestation a ouvert une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Pékin.
Vendredi, le Parquet a annoncé dans deux communiqués distincts les inculpations formelles des deux Canadiens. Michael Kovrig est "suspecté d'avoir recueilli des secrets d'Etat et des renseignements" pour l'étranger. Diplomate en congé sabbatique, il travaillait au moment de son arrestation pour l'institut de recherche International Crisis Group (ICG). Michael Spavor est lui "suspecté d'avoir transmis des secrets d'Etat".
Ces accusations peuvent leur valoir une très lourde peine.
Pékin n'a jamais explicitement fait le lien entre l'arrestation des deux Canadiens et celle de Meng Wanzhou. Le régime communiste a cependant plusieurs fois sous-entendu que la libération de la responsable de Huawei était une condition sine qua non à une amélioration de ses relations avec Ottawa.
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a estimé le mois dernier que la Chine "ne comprend pas" l'indépendance du système judiciaire canadien en persistant à faire pression sur le gouvernement pour obtenir la libération de sa ressortissante.
Pour Ryan Mitchell, professeur de droit à l'Université chinoise de Hong Kong, les 18 mois de détention des Canadiens sont "probablement destinés à les contraindre (...) à faire des aveux".
Le mois dernier, la justice canadienne s'est prononcée pour la poursuite de la procédure visant la dirigeante de Huawei, crispant un peu plus les autorités chinoises qui semblaient croire à sa libération. Pékin avait ensuite appelé le Canada à "ne pas poursuivre sur la mauvaise voie".
Michael Kovrig, ancien diplomate auparavant en poste à Pékin, ainsi que le consultant et homme d'affaires Michael Spavor, spécialiste de la Corée du Nord, ont été interpellés en Chine en décembre 2018 et y sont depuis incarcérés. Leur arrestation a coïncidé avec celle, quelques jours plus tôt au Canada, à la demande de la justice américaine, de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou.Mme Meng, fille du fondateur de Huawei, est accusée par Washington d'avoir contourné les sanctions...


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