Le siège de l'OTAN. Photo d'archives AFP
La décision du président américain Donald Trump de retirer une partie des troupes américaines stationnées en Allemagne et ses attaques contre Berlin ont accentué les tensions entre Washington et ses alliés européens au sein de l'OTAN.
Mardi le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a reconnu que cette annonce de retrait désormais officielle était "une question importante" pour l'Alliance atlantique. "Il s'agit d'un accord bilatéral entre l'Allemagne et les Etats-Unis, mais la question est importante pour l'Alliance", a déclaré M. Stoltenberg au siège de l'OTAN à Bruxelles. Le sujet doit être évoqué mercredi lors d'une réunion en vidéoconférence des ministres de la Défense de l'Alliance.
Donald Trump a décidé de réduire à 25.000 le nombre des militaires américains stationnés en Allemagne et a justifié sa décision avec des propos virulents contre ce pays accusé de "devoir des milliards de dollars à l'OTAN". "L'Allemagne a été qualifiée cinq fois de délinquante", s'est insurgé un diplomate européen, outré par ces accusations.
De son côté le secrétaire général de l'OTAN a insisté sur la différence entre la présence permanente de forces militaires américaines dans le cadre d'accords bilatéraux et l'engagement militaire américain dans le cadre de l'OTAN. "La présence de troupes américaines en Europe s'est renforcée au cours des dernières années", a-t-il affirmé. Jens Stoltenberg a cité "une plus grande rotation de la présence militaire américaine dans les pays baltes et une présence navale dans la base espagnole de Rota". Le responsable norvégien a également fait valoir l'investissement militaire américain dans les manoeuvres en Europe. Le désengagement bilatéral serait ainsi à ses yeux compensé par un accroissement de l'engagement au sein de l'OTAN.
"La présence militaire américaine et canadienne en Europe peut prendre différentes formes. Elle ne se limite pas à la seule Allemagne. Les Etats-Unis et les canadiens sont déployés dans plusieurs pays en Europe", a encore dit M. Stoltenberg. Sans commenter les accusations de Donald Trump, Jens Stoltenberg a en revanche défendu sa demande d'un meilleur partage du fardeau pour les dépenses de défense. "Il reste du chemin avant de parvenir à 2% du PIB" que chaque pays s'est engagé à consacrer à ses dépenses militaires en 2024, a-t-il déclaré.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine