Intervention policière pour mettre fin à des tensions dans le quartier des Grésilles, à Dijon, en France, le 15 juin 2020. AFP / Philippe DESMAZES
La classe politique française s'indignait mardi de la situation à Dijon (Est), toujours secouée par des tensions après un week-end de heurts entre des Tchétchènes et des habitants d'un quartier populaire de la ville.
Lundi soir, cette ville moyenne habituellement plutôt paisible a été secouée par une quatrième nuit de violences, les forces de l'ordre ayant dû disperser un attroupement d'hommes cagoulés et armés voulant défendre leur quartier après trois "expéditions punitives" menées par des membres de la communauté tchétchène au cours du week-end. Les Grésilles est un quartier populaire où vit une importante population d'origine maghrébine.
Des véhicules et poubelles ont été brûlés, une équipe de journalistes locaux agressée ainsi que le conducteur d'un véhicule, selon la préfecture. Quatre personnes ont été interpellées, selon la préfecture. Elle précise que contrairement aux autres soirs, les violences n'impliquaient cette fois pas de Tchétchènes.
"Voir des jeunes qui brandissent des armes, voir 100 personnes qui se tapent dessus, qui s'agressent, c'est inacceptable", a dénoncé le ministre français de l'Agriculture Didier Guillaume sur la chaîne Cnews.Du côté de l'opposition de droite, les réactions ont été virulentes. "Notre pays sombre dans le chaos ! Des bandes se livrent une guerre ethnique, arme automatique à la main. Voilà, en toute clarté, la réalité de l'ensauvagement", a tweeté lundi soir la présidente du Rassemblement national (extrême droite) Marine Le Pen. "C'est presque un théâtre de guerre", a estimé sur la radio Europe 1 le député des Alpes-Maritimes (Sud-Est) Eric Ciotti (droite).
Les autorités françaises nient quant à elle tout laxisme face aux événements, le préfet de la région Bernard Schmeltz défendant sa stratégie de non-intervention pendant le week-end. "Les populations n'ont en aucun cas été abandonnées", a-t-il assuré, après des interrogations sur la passivité des forces de l'ordre lors des trois "expéditions punitives" menées vendredi, samedi et dimanche soir par des Tchétchènes voulant venger l'agression d'un des leurs.
Selon une source policière, la première "expédition punitive" aurait été lancée vendredi soir dans le centre-ville à la suite de l'agression présumée par des dealers, le 10 juin, d'un jeune homme de 16 ans issu de cette communauté tchétchène.
Lundi, un renfort de 110 gendarmes mobiles ainsi qu'une quarantaine de policiers sont intervenus afin de mettre fin aux troubles. Le nombre précis de Tchétchènes résidant en France est impossible à déterminer car ils se fondent dans l'ensemble des ressortissants de nationalité russe. Très mobiles, ils sont pour beaucoup regroupés à Paris, autour de Nice (Sud-Est), et dans l'Est de la France.

