Le député Forces libanaises de la Békaa Antoine Habchi. Photo Ani
Le député de la Baalbeck-Hermel Antoine Habchi, affilié aux Forces libanaises de Samir Geagea, a affirmé lundi que le Liban n'avait pas besoin de la construction de trois centrales pour la production électrique, une demande pourtant défendue par le président de la République Michel Aoun et le parti qu'il a fondé, le Courant patriotique libre dirigé par Gebran Bassil.
Au sujet du site choisi pour la construction du site, qui fait polémique en raison du coût des éventuelles expropriations, Antoine Habchi, qui a tenu une conférence de presse, a dit ne pas comprendre "pourquoi nous avons payé des millions pour réaliser une étude en vue de définir un site où bâtir une centrale, puis du jour au lendemain nous avons trouvé des prétextes pour changer de site". Il a en outre affirmé que "la société à laquelle le ministère de l'Energie a fait appel n'est pas une société de consultants et ne peut en aucune façon faire une étude du site". "Il lui était interdit de répondre à des appels d'offres entre 2017 et 2018 à cause d'accusations de corruption", ajoute le député.
Le gouvernement de Hassane Diab a approuvé la construction d’une centrale électrique à Selaata dans le caza de Batroun, fief du chef du Courant patriotique libre fondé par le président Aoun et dirigé par Gebran Bassil, revenant sur une décision antérieure stipulant la seule mise en place des centrales de Zahrani (Liban-Sud) et de Deir Ammar (Akkar). C'est après l'intervention du chef de l'Etat en faveur de la construction de la centrale de Selaata que le gouvernement a approuvé le projet.
"Les propos portant sur trois centrales sont erronés. Le Liban n'a pas besoin de trois centrales", a estimé M. Habchi. "Je ne sais pas ce qu'on a dit au président de la République à ce sujet, mais le chef de l'Etat ne doit pas mettre en danger son propre intérêt ou celui du peuple libanais. C'est pourquoi je lui demande de nommer quelqu'un qui ne soit pas de son bord pour qu'il lui explique le vrai fond de l'affaire de Selaata", insiste le député FL. "Toute l'affaire autour de la construction de la centrale de Selaata reflète une demande soit-disant au nom des droits des chrétiens. Mais nous n'avons pas besoin d'arracher une victoire au nom des droits des chrétiens", a-t-il déploré.
Abordant en outre l'affaire de la livraison du fuel frelaté aux centrales libanaises de la part d'une filière de la compagnie publique algérienne Sonatrach, un autre dossier qui fait polémique depuis des semaines, Antoine Habchi a dit craindre que ce dossier "ne finisse sous le boisseau". "C'est exactement ce qui est en train de se passer", a-t-il affirmé, ajoutant "avoir encore quelques questions à poser à la justice". Et de conclure : "Je me tourne vers le président de la République car je crains que ces dossiers ne soient jetés à la mer. C'est l'occasion pour lui (le président Michel Aoun) de voir l'histoire le condamner ou lui rendre justice".

