Migrants

La Grèce appelée à enquêter sur les refoulements vers la Turquie

La Grèce appelée à enquêter sur les refoulements vers la Turquie

Des enfants jouant devant des tentes dans un camp pour migrants et réfugiés de l'île grecque de Lesbos, le 13 mai 2020. Photo d'illustration AFP / Manolis LAGOUTARIS

L'agence onusienne du Haut commissariat des réfugiés (HCR) a appelé vendredi la Grèce à ouvrir une enquête "urgente" sur les nombreux rapports de refoulements présumés des demandeurs d'asile vers la Turquie voisine, perpétrés par les autorités grecques.

"Le HCR a exprimé à plusieurs reprises au gouvernement grec ses préoccupations" sur ce sujet et "appelle à une enquête urgente sur des incidents rapportés par des médias, dont de nombreux ont été confirmés par des ONG et des témoignages de migrants repoussés", souligne un communiqué de l'agence. "Des allégations dans ce sens ont été multipliées en mars en indiquant que des groupes de personnes arrivés sur le territoire grec ont été contraints de quitter la pays après de brèves procédures", poursuit ce texte.

L'Union européenne a dans la foulée réagi à cet appel, émis la veille dans ce sens également par l'Organisation internationale des Migrations (OIM).

"Notre position sur ces allégations est bien connue. Je ne peux que répéter notre position, nous nous attendons à ce que les autorités grecques fassent la pleine lumière sur ces questions, mènent une enquête et prennent les mesures nécessaires", a indiqué un porte-parole de la Commission, Adalbert Jahnz, à Bruxelles.

Le HCR a souligné que la Grèce "a le droit de protéger ses frontières de l'immigration illégale mais en respectant parallèlement la législation internationale sur les droits de l'homme et la protection des réfugiés". L'agence onusienne a ajouté que le nombre de refoulements présumés a augmenté récemment aux frontières maritimes greco-turques, en faisant allusion à des refoulements présumés par des gardes-côtes grecs en mer Egée.

De nombreuses ONG de défense des droits de réfugiés ont à plusieurs reprises ces derniers mois appelé les autorités grecques à enquêter sur ce sujet après des témoignages de demandeurs d'asile repoussés illégalement par les autorités grecques vers la Turquie.
Jeudi, l'OIM a indiqué avoir reçu "des rapports concernant l'arrestation arbitraire de migrants en Grèce et repoussés vers la Turquie ainsi que des incidents de violence perpétrés contre des migrants par certains membres du personnel de gardes-frontières".

Des médias grecs ont publié lundi une vidéo provenant d'un drone de la police portuaire turque montrant "les gardes-côtes grecs en train d'enlever le moteur d'une embarcation avec à bord des réfugiés en mer Égée avant d'abandonner ce bateau au large entre l'île grecque de Lesbos et les côtes turques".

Le gouvernement conservateur grec, au pouvoir depuis un an, a particulièrement durci sa politique vis-à-vis les demandeurs d'asile et renforcé les patrouilles aux frontières maritimes et terrestres à l'aide de Frontex, l'Agence de protection des frontières européennes.


L'agence onusienne du Haut commissariat des réfugiés (HCR) a appelé vendredi la Grèce à ouvrir une enquête "urgente" sur les nombreux rapports de refoulements présumés des demandeurs d'asile vers la Turquie voisine, perpétrés par les autorités grecques.

"Le HCR a exprimé à plusieurs reprises au gouvernement grec ses préoccupations" sur ce sujet et "appelle à une...