Le porte-parole de la diplomatie turque Hami Aksoy. Photo AFP
La Turquie a rejeté vendredi les critiques des Etats-Unis après la condamnation la veille par un tribunal d'Istanbul d'un Turc travaillant pour le consulat américain, à l'issue d'un procès qui a tendu les relations entre Ankara et Washington.
"Nous appelons les autorités américaines à respecter le principe d'indépendance judiciaire et se garder de toute attitude visant à influencer les décisions" des tribunaux, a déclaré le porte-parole de la diplomatie turque Hami Aksoy dans un communiqué. Ces déclarations interviennent au lendemain de la condamnation à huit ans et neuf mois de prison pour "aide à un groupe terroriste" de Metin Topuz, chargé au consulat américain d'Istanbul de faire la liaison entre les autorités américaines et la brigade de lutte contre le trafic des stupéfiants de la police turque.
Les autorités turques lui reprochaient d'avoir eu de multiples contacts avec des partisans du prédicateur Fethullah Gülen, ennemi juré du président Recep Tayyip Erdogan qui l'accuse d'avoir orchestré une tentative de putsch en 2016. M. Gülen dément. M. Topuz, qui a été arrêté en 2017, a toujours rejeté les accusations de "terrorisme", affirmant que les contacts qu'il a pu avoir avec des personnes que les autorités turques présentent comme des partisans de M. Gülen s'inscrivaient dans le cadre de son travail.
Jeudi, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'est dit "profondément troublé" par le verdict et a appelé à ce qu'il soit "rapidement annulé". "Nous en appelons à nouveau au gouvernement turc pour qu'il résolve ce dossier de manière juste", a-t-il plaidé. L'arrestation de plusieurs Turcs travaillant pour les représentations diplomatiques américaines et la présence de M. Gülen aux Etats-Unis, où il réside depuis une vingtaine d'années, ont fortement tendu les relations entre Ankara et Washington, deux alliés au sein de l'Otan. Vendredi, M. Aksoy a accusé les Etats-Unis d'être devenus un "havre" pour le mouvement de M. Gülen.


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