Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
Plusieurs avocats du groupe "Le peuple veut la réforme du système", affilié au mouvement de contestation conte la classe dirigeante, ont déposé vendredi une plainte auprès du juge unique pénal de Beyrouth contre le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, l'une des cibles de la protestation, sur fond de profonde crise économique et financière. Ils accusent le gouverneur de la BDL de discrédit financier de l'Etat, manquement au devoir, négligence, fraude et faute grave.
"L'effondrement économique et les inégalités sociales sont la conséquence de l'effondrement de la monnaie nationale. Le responsable direct des mauvaises ingénieries financières doit en prendre la responsabilité auprès du peuple libanais", explique l'un des avocats ayant signé ce recours, indiquant qu'il s'agit d'une première initiative judiciaire contre le secteur bancaire "qui porte atteinte aux dépôts des gens, particulièrement les plus pauvres".
Depuis plusieurs mois, les banques ont imposé des restrictions informelles imposées à leurs clients, notamment sur les retraits en dollars mais aussi en livres libanaises, ou les transferts à l'étranger. Ces restrictions ont provoqué une grande colère populaire, dans un contexte de crise économique aiguë, la plus grave que traverse le Liban en 30 ans. La livre libanaise a perdu plus de la moitié de sa valeur face au dollar dans les bureaux de change, propulsant les projections d'inflation à plus de 50% sur l'année 2020, alors que 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon les estimations officielles.

