Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, lors d'une conférence de presse le 8 avril 2020 à Pékin. GREG BAKER/AFP VIA GETTY IMAGES
Pékin a accusé vendredi Washington de "prendre en otage" le Conseil de sécurité de l'ONU, après la demande américaine d'une réunion consacrée au projet de loi chinois controversé sur la sécurité nationale à Hong Kong.
Plusieurs pays occidentaux, ainsi que l'opposition pro-démocratie hongkongaise, sont vent debout contre ce texte législatif qui selon eux rogne les libertés du territoire semi-autonome du sud de la Chine. Ce texte de loi intervient après les manifestations monstres à Hong Kong en 2019 contre l'influence de Pékin, qui ont renforcé un courant pro-indépendance jadis marginal. Le projet prévoit de punir les activités séparatistes, "terroristes", la subversion, ou encore les ingérences étrangères dans l'ex-colonie britannique. Les Etats-Unis, mais aussi le Royaume-Uni, l'Australie et le Canada ont exprimé leurs craintes. Washington et Londres ont ainsi obtenu l'organisation vendredi d'une discussion informelle au Conseil de sécurité de l'ONU, à huis clos et par visioconférence, ont affirmé à l'AFP des sources diplomatiques.
"Le Conseil de sécurité n'est pas un outil que les États-Unis peuvent manipuler à leur guise", a martelé Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "La Chine et les pays épris de justice ne permettront pas aux États-Unis de prendre en otage le Conseil de sécurité pour leurs propres intérêts", a-t-il indiqué lors d'un point de presse régulier. La "loi fondamentale", la mini-Constitution qui préside aux affaires de Hong Kong depuis sa rétrocession en 1997, oblige les autorités hongkongaises à mettre en place une loi sur la sécurité nationale. Mais une initiative dans ce sens en 2003 avait provoqué de grandes manifestations et le projet a ensuite été mis sous le tapis. Pékin perd désormais patience et veut donc imposer une législation.
En réaction, les Etats-Unis avaient déjà révoqué mercredi le statut spécial qu'ils offrent à Hong Kong, ouvrant la voie à la suppression des privilèges commerciaux de l'ex-colonie. Par ailleurs, dans un contexte de fortes tensions Pékin-Washington, le président américain Donald Trump a annoncé pour vendredi une conférence de presse où il doit annoncer "ce que nous allons faire vis-à-vis de la Chine".


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine