Migrations

Malte doit autoriser le débarquement de migrants bloqués en mer, exhorte HRW

Des migrants dans une embarcation au large de Malte. Photo d'archives AFP / FEDERICO SCOPPA

L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a demandé vendredi à Malte d'autoriser "immédiatement" plus de 160 migrants bloqués en Méditerranée à débarquer sur l'île, qui en a appelé une nouvelle fois à la "solidarité de l'Europe".

Ces 160 personnes, réfugiés et migrants, ont été secourues en mer entre le 30 avril et le 7 mai, puis transférées sur deux navires du croisiériste Captain Morgan, sur lesquels elles sont bloquées depuis lors au large des eaux territoriales maltaises. "Il est incroyable que le gouvernement maltais garde ces personnes prisonnières pendant des semaines, sur des bateaux de tourisme et dans des conditions misérables, afin de faire pression pour que d'autres pays de l'UE les récupèrent", a dénoncé Judith Sunderland, directrice adjointe par intérim pour l'Europe et l'Asie centrale de HRW, dans un communiqué. "Les inquiétudes concernant le Covid-19 et les plaintes de longue date, en partie justifiées, concernant le manque de partage équitable des responsabilités (entre pays européens) ne peuvent pas excuser ce comportement scandaleux", estime HRW. "Ces bateaux, qui battent tous pavillon maltais, sont des navires de plaisance conçus pour de courtes croisières et non pour accueillir des personnes pendant de longues périodes", souligne l'organisation, affirmant que les conditions de vie à bord "semblent se détériorer de manière significative".

Depuis 2005, l'île de Malte est confrontée à une vague d'arrivées de migrants partis notamment de Libye. Seuls 8% d'entre eux ont été relocalisés vers d'autres pays de l'Union européenne, et les migrants irréguliers représentent aujourd'hui 1% de la population totale de l'île, selon La Valette. Ils étaient 3.405 à avoir débarqué en 2019, dont 2.795 sont toujours sur place, selon les chiffres officiels maltais. Début 2020, près de 1.400 sont arrivés à Malte, une augmentation de 438% sur cette période par rapport à l'an dernier.

Face à ce qu'il considère comme un "tsunami", le gouvernement a de nouveau appelé vendredi à la "solidarité de l'Europe" et à la "responsabilité collective" pour "trouver les moyens de relever ensemble le défi" de la migration vers l'Europe. "Mais on nous laisse seuls. Les mots de sympathie ne suffisent pas. Nous avons besoin d'une aide pratique. Nous avons besoin de délocaliser un certain nombre de migrants vers d'autres pays", a déploré le ministre des Affaires étrangères et européennes, Evarist Bartolo, dans un communiqué. Seuls le Portugal et la France ont répondu cette année à ces appels, en promettant d'accueillir respectivement 6 et 30 personnes.

"Malte est le plus petit État d'Europe, cela ne nous a pas empêchés de faire tous les efforts possibles pour sauver des vies en mer. (...) Nous sommes prêts à remplir notre part, mais il est injuste de nous laisser porter seuls cette charge disproportionnée", a estimé M. Bartolo. "Nous ne pouvons pas tout faire, et nous ne pouvons certainement pas le faire seuls. Nous remplirons notre part, mais Malte ne deviendra pas et ne pourra pas devenir le centre de la crise migratoire européenne", a averti en conclusion le ministre Bartolo.


L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a demandé vendredi à Malte d'autoriser "immédiatement" plus de 160 migrants bloqués en Méditerranée à débarquer sur l'île, qui en a appelé une nouvelle fois à la "solidarité de l'Europe".

Ces 160 personnes, réfugiés et migrants, ont été secourues en mer entre le 30 avril et le 7 mai, puis...