Le pape François. Photo Vatican Media/REUTERS
Le Saint-Siège, contacté mercredi par le négociateur en chef des Palestiniens Saëb Erakat, a exprimé sa "préoccupation" pour la paix dans la région, au sujet d'une éventuelle annexion par Israël de certains territoires en Cisjordanie.
"Le Saint-Siège suit attentivement la situation et exprime sa préoccupation à propos d'éventuels actes pouvant compromettre ultérieurement le dialogue", écrit le Saint-Siège dans un communiqué. Il exprime "l'espoir qu'Israéliens et Palestiniens puissent bientôt trouver à nouveau la possibilité de négocier directement un accord, avec l'aide de la communauté internationale, afin que la paix puisse enfin régner sur la Terre sainte, tant aimée par les juifs, les chrétiens et les musulmans".
Mgr Paul Gallagher, Secrétaire pour les relations avec les Etats (l'équivalent du ministre des Affaires étrangères du Saint-Siège), "a été rejoint mercredi par téléphone" par Saëb Erekat, précise le communiqué. "Ce dernier a voulu informer le Saint-Siège sur des récents développements dans les territoires palestiniens et de la possibilité qu'Israël applique unilatéralement sa souveraineté sur une partie de ces territoires, ce qui compromettrait davantage le processus de paix", relate le texte du Saint-Siège.
La voix diplomatique du pape François réitère une nouvelle fois son souhait que "les deux peuples puissent vivre côte à côte dans deux Etats, avec des frontières internationalement reconnues avant 1967".
Israël s'est doté dimanche d'un gouvernement d'union qui consacre un partage du pouvoir entre le Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu et la formation centriste "Bleu Blanc" de l'ex-chef de l'armée Benny Gantz, et leurs alliés respectifs. En vertu de l'accord Netanyahu/Gantz, le gouvernement doit présenter à partir du 1er juillet sa stratégie pour traduire dans les faits le plan Trump, qui prévoit l'annexion à Israël de la vallée du Jourdain (30% de la Cisjordanie) et des plus de 130 colonies, ainsi que la création d'un Etat palestinien sur un territoire amputé. Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a prédit un "été chaud" si l'Etat hébreu mettait en branle le projet d'annexion.

