Des militaires afghans à Kunduz, le 19 mai 2020. Photo AFP / STR
Les forces de sécurité afghanes ont annoncé mardi avoir repoussé une attaque des talibans sur Kunduz, ville stratégique du nord de l'Afghanistan, que les insurgés ont tenue brièvement par le passé.
"Vers 01H00 du matin (20H30 GMT lundi), les talibans ont attaqué la ville de Kunduz depuis plusieurs directions", a indiqué le ministère de la Défense afghan dans un communiqué. "Grâce au soutien de l'armée de l'air, leur attaque a été repoussée par nos forces de sécurité". "Les attaques ont été repoussées et nos avant-postes repris", a de son côté déclaré Hadi Jamal, un porte-parole de l'armée afghane pour le Nord du pays.
D'après le ministre de la Défense Asadullah Khalid, qui a tenu une conférence de presse mardi à Kunduz, huit soldats afghans ont été tués dans les combats, alors que "l'ennemi a souffert des pertes importantes". Fawad Awan, un porte-parole du ministère de la Défense, a fait état de 40 insurgés tués et 50 blessés dans les combats. Un policier de Kunduz, Dil Agha, a également mentionné à l'AFP plus de 40 talibans tués et plus de 60 blessés. "La situation est sous contrôle. Les gens ne devraient pas s'inquiéter", a-t-il commenté.
Forces afghanes et talibans exagèrent souvent les pertes infligées à l'ennemi. Les corps de 3 civils tués et de 55 autres blessés ont été amenés mardi dans les hôpitaux de Kunduz, a déclaré le directeur de la Santé de la province éponyme.
Les talibans n'ont pu être joints pour commentaire. Par ailleurs, l'explosion d'un vélo piégé dans un marché de la ville a tué deux civils et en a blessé 18, selon la police de la ville.
Kunduz, capitale d'une province fertile, est une cible récurrente des talibans, qui s'étaient brièvement emparés en septembre 2015 de cette ville proche de la frontière avec le Tadjikistan avant d'en être chassés grâce notamment à un important soutien aérien américain.
Alors que les combats faisaient rage, un avion de l'armée de l'air américaine avait bombardé l'hôpital de Médecins sans frontières (MSF) de Kunduz, faisant 42 morts, dont 24 patients et 14 membres du personnel de l'ONG.
Les insurgés ont attaqué la ville à plusieurs autres reprises, la dernière en août 2019. L'Afghanistan connaît une forte recrudescence des violences, malgré un accord fin février entre les talibans et les Etats-Unis prévoyant le départ de toutes les troupes étrangères du pays d'ici l'été 2021.
Le gouvernement a ordonné aux forces de sécurité de "reprendre leurs opérations (offensives, NDLR) contre l'ennemi", mises en pause depuis l'accord américano-taliban de Doha, après l'attaque la semaine dernière d'une maternité à Kaboul qui avait fait 24 morts.
Des responsables gouvernementaux ont fait état de 3.800 attaques talibanes depuis mars, qui ont fait plus de 1.300 morts et blessés.
La mission d'assistance onusienne en Afghanistan (Manu), dans un rapport paru mardi, a de son côté recensé 208 civils tués en avril par les talibans, un chiffre en hausse de 25% par rapport à avril 2019.
Les pertes civiles infligées par les forces de sécurité à la population ont de leur côté augmenté de 38% sur un an, avec 172 morts en avril, selon la Manua. "Les différentes parties se sont engagées à trouver une solution pacifique. Elles devraient protéger la vie de tous les Afghans et ne pas compromettre l'espoir de la population de voir la guerre prendre fin", a commenté Deborah Lyons, la représentante du secrétaire général de l'ONU pour l'Afghanistan.

